ROYAL SPACE FORCE
Ministry of Space - Etats-Unis - 2001/2004
Image de « Royal Space Force »
Dessinateur : Chris Weston
Scenariste : Warren Ellis
Nombre de pages : 84 pages
Distributeur : Delcourt
Date de sortie : 16 mars 2011
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Royal Space Force »
portoflio
LE PITCH
Allemagne, 1945. Un commando de G.I. pénètre dans le village de Peenemunde avec pour mission d'extraire von Braun et les créateurs des fusées V2 vers les États-Unis, avant que les Russes n'occupent le pays. À peine les lieux sécurisés, la zone est bombardée par l'armée britannique. Cet acte, ordonné par l'officier John Dashwood, donne le départ de la plus fabuleuse conquête de l'homme : les étoiles.
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Perfide Albion

Déjà édité en 2005 chez Semic sous le titre Ministère de l'espace (traduction littérale du titre américain), Royal Space Force est l'occasion de découvrir un autre visage du scénariste Warren Ellis, moins bourrin et sanglant que ses récents Black Summer ou Wolfskin.

 

Car outre le fai d'être un féru de violence gratuite, de visions trash des super-héros (No Hero) et de trips sous acide (Transmetropolitan), Warren Ellis est tout autant un passionné de science-fiction à l'ancienne et un fan de BD utopistes et futuristes comme Dan Dare. Une influence manifeste de cette minisérie en trois épisodes seulement (le dernier fascicule mit pourtant trois ans à sortir aux USA), qui prend l'apparence d'une BD presque institutionnelle en termes de rigidité des personnages, de précision de la reconstitution ou de l'invention de véhicules spatiaux particulièrement crédibles. Le travail de Chris Weston (The Twelve, Fantastic Four First Family, Starman) apporte ainsi un grand réalisme et une touche très européenne (malgré la coloration trop pimpante de Laura Martin), idéale pour donner aux écrits du scénariste une portée efficace, et une relation étonnante avec notre histoire, partant du principe tout simple que, plutôt que de laisser la place aux Etats-Unis, l'armée anglaise aurait rapatrié les scientifiques allemands à la fin de la seconde guerre mondiale.

 

nouvel empire


Comme toute uchronie, le récit repose sur une succession d'évènements inédits qui donnent une vision décalée de la grande Histoire. L'oeuvre semble évoquer dans un premier temps la grandeur et le courage du peuple anglais, des premiers vols hors de l'atmosphère à la conquête de la Lune, en passant par la création d'une base en orbite dès 1953. Le grand empire s'impose comme le nouveau maître du monde dans cette Etoffe des héros plus politique et idéologique que glorifiante. Court et direct, Royal Space Force distille cependant un trouble constant, amenant le lecteur à remettre en cause cette quête idyllique et les progrès visibles de la société occidentale. Sous le vernis et la brillance de la taule, l'officier John Dashwood cache ainsi un secret de taille qui ne sera défloré que dans les dernières pages avec une double conclusion laissant un goût bien amer. Le progrès doit-il se faire à n'importe quel prix, la gloire doit-elle oublier l'humanisme ? Des questions qu'Ellis pose avec intelligence et une écriture serrée et précise. Voilà qui ferait sûrement un très grand film.

Nathanaël Bouton-Drouard

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