SUPERGOD
Etats-Unis - 2009
Image de « Supergod  »
Dessinateur : Garrie Gastonny
Scenariste : Warren Ellis
Nombre de pages : 128 pages
Distributeur : Milady
Date de sortie : 20 mai 2011
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Supergod  »
portoflio
LE PITCH
Les hommes ont tout fait pour voir voler les super-héros, allant jusqu'à créer de toutes pièces les dieux qui sauveront la race humaine. Mais personne ne s'est demandé comment ils s'y prendraient, ni même s’ils en auraient l’envie. Découvrez le récit de l'apocalypse ou quand les superhéros reprennent à leur compte le crédo dangereux « la fin justifie les moyens ».
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New Genesis

Après Black Summer et No Hero, Warren Ellis achève sa « trilogie » revisitant la mythologie des surhommes en enfonçant sa plume dans les fondements du genre. En résulte une apocalypse délirante et métaphorique en forme de jeu de massacre.

Toujours aussi défoulant, explosant la narration pour livrer des combats titanesques aux conséquences défiant l'imagination, Supergod ne profite cependant pas des illustrations chaotiques et ultra-fouillées de Juan Jose Ryp (pas toujours très lisibles cependant), qui laisse ici la place au moins connu Garrie Gastonny. Un jeune dessinateur (Caliber, City of Dust), qui malgré un trait trop variable et un aspect Bryan Hitch mal fagoté, apporte le réalisme nécessaire à ce récit « bigger than anything ». C'est qu'après la part d'humanité chez les superheroes (Black Summer) et leur folie intrinsèque (No Hero), Warren Ellis achève de décortiquer ces figures panthéoniques en jouant directement avec leur nature mythologique. Ces nouveaux dieux, désormais en cases et en bulles, sont ici les produits de la paranoïa humaine, ou quand la folie des grandeurs (parallèle évident avec le mythe de Babel) produit leur propre destruction.

 

Alpha & Omega


On découvre ainsi dans l'album une course à l'armement d'une nature nouvelle, mais à l'ampleur non moins dramatiques, le récit étant conté rétrospectivement par l'un des rares témoins survivants du conflit. Ellis, auteur militant, athé et anarchiste, s'amuse une nouvelle fois à dépeindre l'humanité comme un ramassis de pleutres et de fêlés incapables d'anticiper les conséquences de leurs actes. Ici les surhommes ne sont plus que des créatures de Frankenstein dont le rôle principal (sauver le monde) entraîne la disparition plus ou moins rapide de l'espèce humaine. Comme souvent avec ce scénariste, si l'idée de base frôle la vision lumineuse, si l'analyse des enjeux géopolitiques modernes est d'une pertinence incroyable (voir la place de Krishna, la création indienne dans les évènements), le propos joue souvent la redite avec certaines de ses œuvres précédentes (au hasard, Planetary) sans vraiment y apporter de nouveautés suffisamment prégnantes. Toujours légèrement en dessous du génie d'un Grant Morrison (Les Invisibles), l'auteur réussit cependant à marquer les esprits par une petite relecture passagère de la création des Quatre Fantastiques (hilarante), menant le lecteur vers une conclusion aussi surprenante que d'une imparable méchanceté drolatique. Imparfait mais sacrément ambitieux.

Nathanaël Bouton-Drouard


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