FINAL INCAL T1 : LES QUATRES JOHN DIFOOL
France - 2008
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Dessinateur : José Ladrönn
Scenariste : Alejandro Jodorowsky
Nombre de pages : 64 pages
Distributeur : Les Humanoïdes associés
Date de sortie : 21 mai 2008
Bande dessinnée : note
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LE PITCH
John Difool retrouve la mémoire et se souvient peu à peu de sa véritable histoire. L’opération qui devait effacer la réalité a finalement échoué. Les commanditaires de son amnésie tentent aussitôt de le supprimer. Pendant ce temps, l’univers est en proie à un nouveau péril : un mystérieux virus métallique. Il se propage dans la population, s’attaquant à tous les organismes vivants et faisant de nombreuses victimes …
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Rêves

Cela faisait plus de vingt ans que les fans attendaient ça : la fin de L'Incal. Exit la thèse du rêve entamé dans le premier tome d'Après L'Incal, désormais jeté aux ordures, L'Incal renaît de ses cendres pour mieux rappeler que Jodorowsky est le scénariste de BD le plus passionnant actuellement en activité.

 

Mesurer l'impact qu'a eu la première série de L'Incal sur le monde de la bande-dessinée mondiale et de la science-fiction en général serait un travail colossal. Un véritable choc pour les lecteurs de Metal Hurlant qui, en 1981, découvraient les aventure délirantes d'un certain John Difool, crétin paumé plongé en plein space opera métaphysique dans un monde dystopique et décadent. Un véritable chef-d'œuvre inattaquable que l'on doit à Alejandro Jodorowsky (El Topo, The Bouncer) et Moebius (Blueberry), qui réutilisaient là les bases de leur version avortée de Dune. Un univers complet, foisonnant et bordélique dont le scénariste a étendu la portée depuis avec La Caste des Meta-barons, Les Technopères et une préquelle, Avant L'Incal, déssinée par Zoran Janjetov. Car il faut bien noter que depuis la série initiale, seul Jodorowsky reste aux commandes, Moebius ne faisant plus office que de conseiller pour choisir les futurs illustrateurs, comme c'est le cas ici pour Final Incal. Une nouvelle série des plus attendues, du fait des nombreuses pistes ouvertes dans L'Incal et Avant l'Incal, et qui n'avaient jamais vraiment trouvé de conclusion. Après l'étrange tentative Après L'Incal en 2000, qui est désormais passée à la trappe avec un seul et unique tome effacé de la chronologie, Jodorowsky a en effet revu sa copie et complexifie encore plus son histoire aujourd'hui, s'amusant à faire appel aux dimensions alternatives pour donner un peu de cohésion à toutes ses digressions habituelles.

 

Everything about love

 

John Difool se souvient désormais qui il est et repart à la conquête de la belle Louz dont l'amour est l'ultime rempart contre l'invasion d'un empire de machine immortel. La chair faible et chaude contre le métal froid et fort, une métaphore chère à Monsieur Jodo qui semble s'éclater comme un petit fou pour ses retrouvailles avec son héros, devenu une véritable icone de la contre-culture et qui se multiplie ici en quatre versions toute aussi roublardes les unes que les autres, promettant cinq nouveaux tomes particulièrement drôles et forcément pas toujours compréhensibles. Car c'est bien là le problème que l'on peut reconnaître devant Les Quatre John Difool, qui démarre à une vitesse effréné, use de nombreux niveaux de lecture et multiplie les références pointues aux autres BD de la saga, au point de rendre la narration un peu floue lors de la première découverte. On le sait chez Jodo, seul le tout compte et il faudra bien entendu attendre d'avoir le récit complet dans les mains pour en profiter au maximum. Quoi qu'il en soit cette première partie du grand final d'une saga créée il y a plus de vingt ans est bourrée de promesse et nous fait facilement oublier l'absence de Moebius grâce au travail éblouissant du nouveau José Ladrönn (Hip Flask et de nombreux récit pour Marvel). C'est clair, jamais L'Incal n'a été aussi beau.    

Nathanaël Bouton-Drouard


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