FINAL INCAL T2 : LOUZ DE GARRA / APRèS L’INCAL T2 : FINAL INCAL
France - 2011
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Dessinateur : José Ladrönn
Scenariste : Alejandro Jodorowsky
Nombre de pages : 48 pages
Distributeur : Les Humanoïdes associés
Date de sortie : 22 juin 2011
Bande dessinnée : note
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LE PITCH
Un John Difool que l’on retrouve doué d’ubiquité, devenu quatre fois lui-même, et arborant de ce fait quatre facettes fort différentes de sa personnalité… Laquelle primera ?
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Planètes difool

Chef d'œuvre unique de l'histoire de la bande dessinée, la trilogie de L'Incal aura-t-elle une fin ? Oui, semble dire son créateur Alejandro Jodorowsky, qui se bat depuis des années pour que le troisième volet réussisse a atteindre sa conclusion malgré un gloubi boulga des illustrateurs aboutissant aujourd'hui à la sortie simultanée de deux albums contant la même histoire, ou presque. 

 

Et il y a de quoi en perdre son paleo-latin. Jusqu'ici les choses avaient été simples. Moebius, co-créateur, avait illustré le fabuleux L'Incal (7 tomes), se contentant de superviser le travail de Zoran Janjetov sur Avant L'Incal. Malgré les variations de crayon, l'identité graphique restait homogène et les vaches étaient bien gardées. Mais des années plus tard Jodorowsky réussit à convaincre Moebius de revenir à la planche à dessin pour entamer le grand final de cette fresque foutraque, cette aventure métaphysico-branque. Le résultat, Après L'Incal T1: Le Nouveau rêve, restera sans suite après le désistement incompréhensible de l'artiste. Ne se laissant jamais abattre, le scénariste et son éditeur fétiche relancent toute l'histoire dans une nouvelle série, Final Incal, sorte de version redux, plus folle encore que son modèle, fourmillant de pistes et de références à l'ensemble de cet univers (incluant, entre autres, La Caste des Métabarons et Les Technopères), et prolongeant en outre l'histoire d'une vingtaine de pages, faisant apparaître des doubles grotesques de John Difool venus de mondes parallèles.

 

Crooot ?


Ce joyeux bordel pousse donc Les Humanoïdes Associé à profiter de la sortie de l'attendu Final Incal T2, pour livrer en même temps un Après L'Incal T2 : Final Incal (là c'est sûr, on vient de perdu la moitié de nos lecteurs). Ce dernier album contient ainsi l'intégrale de Final Incal T2 et les vingt dernières pages de Final Incal Tome 1 pour que tout le monde raccroche les wagons (là c'est bon, on a perdu tout le monde). Une situation ubuesque, mais qui de façon amusante correspond parfaitement à cet allumé de Jodorowsky, dont les années n'ont manifestement pas calmé les ardeurs. Plus que jamais, ce pauvre John Difool c'est ici qu'un simple grain de sable dans les rouages de l'infini, et son destin multiple doit en passer par la carte du Space Opera grandiloquent. On a droit dès lors à des visions délirantes, sublimement mises en page et colorisées par José Ladrönn (minisérie Inhumains pour Marvel, Hip Flask), décrivant entre deux situations rocambolesques et crétines l'affrontement définitif entre le Bien et le Mal, l'esprit et la machine, la Mort et le Sexe... Une sorte de maelström tragi-comique aussi improbable qu'orgasmique au final, pour lequel il est conseillé d'ouvrir ses chakras à fond. Impossible alors de cacher son émoi lorsque l'on découvre à la dernière page que le prochain album sera le dernier. Pour L'Incal, trois tomes seulement, même avec des doublons, ça reste beaucoup trop court !

Nathanaël Bouton-Drouard


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