GYAKUSHU ! T1
Etats-Unis - 2007
Image de « Gyakushu ! T1 »
Dessinateur : Dan Hipp
Scenariste : Dan Hipp
Nombre de pages : 192 pages
Distributeur : Ankama Editions
Date de sortie : 10 novembre 2011
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Gyakushu ! T1 »
portoflio
LE PITCH
Le plus grand et le plus intouchable des voleurs, en pleine construction de sa propre légende, se retire du monde pour faire grandir son enfant à l'abri de tout, avec Demi, l'amour de sa vie. C'était sans compter sur l'acharnement de Viktor, futur Empereur, qui le retrouve et lui fait payer ses multiples affronts par le massacre de sa famille. Laissé pour mort, défiguré, amputé, il parvient néanmoins à survivre. Hanté par ses souvenirs de bonheur, il revient comme de l'au-delà pour é...
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La lecture d'une bonne BD s'accompagne souvent très bien de bandes originales de films. Petit conseil : essayez ici de mettre en fond Le Bon, la brute et le truand par Ennio Morricone et Les 7 samouraïs de Fumio Hayasaka... ça fait son petit effet.

 

Jeune talent de la scène comics, Dann Hipp s'est en priorité fait remarquer pour le très rockn'roll The Amazing Joy Buzzard. Désormais sollicité par des maisons d'édition mainstream (on le retrouvera par la suite chez Dark Horse et DC), il alterne au cours des années 2000 entre sa première série et la saga en trois volume intitulée Gyakushu !, « revanche » en bon français. Un titre japonais, un sujet suffisamment guerrier, une mise en images très proche des chambaras classiques... Les influences de l'auteur ne sont pas à aller chercher bien loin tant elles sont affichées avec un naturel évident : Lone Wolf and Cub de Kazuo Koike & Gosebi Kojima et l'hommage futuriste de Frank Miller au genre, Ronin. Découpage des pages, cristallisation du noir et blanc, contours anguleux et torturés, Dann Hipp fait office de fan appliqué, mais mélange ces tons dur avec, justement, une vision parfois enfantine à aller chercher du côté du dessin animé Ben 10, dont il a d'ailleurs illustré le comics Alien Force. Tout se recoupe. De quoi justement se démarquer sensiblement des autres titre mêlant films de sabres nippons et western (quoi que tout cela soit à peu près la même chose), rendant la cruauté réelle de la chose tragi-comique.

 

la tranchitude

 

Décontenançant, le destin franchement dramatique de ce nouvel homme sans nom, et en l'occurrence sans visage non plus, est ainsi régulièrement contrebalancé par un narrateur s'adressant directement au lecteur avec une distance pas toujours bienvenue. Un artifice un peu facile qui de surcroît joue sur la temporalité du récit (passant de détails passés à l'action en cours) sans autre logique que d'étoffer narrativement la trame. Elle n'avait pourtant besoin de rien de tout cela, tant cette quête vengeresse, directe et sanglante se suffisait à elle-même grâce au charisme du héros et de ses ennemis grimaçants (on se croirait parfois dans le Ninja Scroll de Kawajiri) et à un découpage particulièrement tranchant et dynamique. Avec efficacité, Hipp réussit ainsi à recréer en images fixes la réalisation et le montage des films de sabres des années 70. Cette jolie découverte, bien qu'elle se montre parfois un peu fouillie et trop « poseuse », va encore s'écouler sur deux autres pavés (format comics) de 200 pages. A noter pour l'anecdote qu'édité au départ par Tokyopop aux USA, l'auteur fut obligé, à cause de soucis de sa maison d'édition (et de ventes jugées insuffisantes), de publier l'intégralité de son œuvre sur le Net. Gageons que ce retour sur papier par Ankama saura rendre justice à l'œuvre et la propager sur les étagères des amateurs de bons comic books.

Nathanaël Bouton-Drouard


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