LES TORTUES NINJA T1 : NOUVEAU DéPART
Teenage Mutant Ninja Turtles Vol 1 : Change is constant - Etats-Unis - 2011
Image de « Les Tortues Ninja T1 : Nouveau départ »
Dessinateur : Kevin Eastman, Dan Duncan
Scenariste : Kevin Eastman, Tom Waltz
Nombre de pages : 128 pages
Distributeur : Soleil
Date de sortie : 25 janvier 2012
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Les Tortues Ninja T1 : Nouveau départ »
portoflio
LE PITCH
Le monde a changé pour Leonardo, Donatello, Michelangelo et Raphael. Ce dernier erre dans les rues de New York, tandis que ses frères accompagnés par maître Splinter sont sur ses traces. Mais une sombre menace plane, en la personne du chat de gouttière mutant Old Hob et de son gang criminel.
Partagez sur :
Backstreets boys

Racheté par Nickelodeon en 2009, la licence Teenage Mutant Ninja Turtles n'avait jusque-là connu qu'un direct-to-video référentiel. Il était temps que ces combattants des égoûts newyorkais retrouvent enfin les pages d'une BD digne de ce nom.

 

Créées au milieu des années 80, les fameuses Tortues Ninja de Eastman et Laird sont rapidement passées d'une création indépendante à un énorme succès planétaire, dû aux adaptations coup sur coup en série animée et en longs-métrages. Une mode faite de T-shirts, de designs cartoon, de pizzas et de cowabunga, qui finalement n'aura fait que desservir la série, obligeant souvent le comics à se rapprocher du jeune lectorat (ce qui n'était pas son but), quitte à perdre son identité. Devenu entre temps rédacteur en chef de la revue Heavy Metal (version US de Métal Hurlant), Eastman n'a eu de cesse de soutenir depuis une résurrection de la mouture initiale. Le dernier film TMNT montrait déjà une nette amélioration, mais c'est clairement avec le nouveau comics publié aux USA par IDW que les ninjas verts retrouvent de leur superbe. Sans doute, justement, parce que Kevin Eastman est revenu aux commandes de son bébé. Les quatre héros sont donc définitivement bien loin de leur vision éternellement adolescente et gaffeuse, retrouvant un peu d'épaisseur psychologique et donc des identités dissociées. Un signe qui ne trompe pas, les tortues n'ont ici plus besoin d'être identifiés par là couleur de leur bandeau, redevenu rouge pour toute l'équipe.

 

le changement comme seule constante

 

Mais si Nouveau départ se présente comme un retour aux fondamentaux (moins de blagues, plus d'action), il prend aussi la forme d'un reboot complet. On y découvre donc une relecture plutôt bien pensée (et modernisée) des créatures, et une réorganisation des connexions entre les personnages secondaires, ici tous reliés par le fameux labo Stock-Gen : le chat mutant Old Hob a été touché immédiatement par le même mutagène et a failli croquer Raphael, le général Krang est le financier de l'entreprise cherchant à créer un exosquelette militaire, les ninjas de Shredder (que l'on imagine pour l'instant tapi dans l'ombre) représentent la principale concurrence, et April O'neil n'est plus journaliste mais bien la dernière recrue du labo. On croise aussi un tout jeune Casey qui se rêve vigilante. Une fois encore l'essence reste la même, mais le tout s'imbrique beaucoup mieux. Une bonne surprise donc, qui cultive une narration classique propre à fédérer, où l'on retrouve tout autant la patte graphique d'Eastman dans les designs qu'une part de l'imperfection d'antan. Les tortues font visuellement mouche et semblent particulièrement dynamiques et vivantes, mais les personnages humains manquent de caractère, tandis que les décors désolent un peu par leur vacuité. On sait l'aspect visuel pas toujours très au point chez IDW sur les grosses licences (voir Angel ou Star Trek hors passage de John Byrne), mais gageons que cela n'empêchera pas aux fans de retrouver là une grande part de ce qui fit le succès de la série en 1984.

Nathanaël Bouton-Drouard


Partagez sur :

 

Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2022