HELLBOY - LA FIANCéE DE L’ENFER
Hellboy - The Bide of Hell and Others - Etats-Unis - 2011
Image de « Hellboy - La Fiancée de l’Enfer »
Scenariste : Mike Mignola
Nombre de pages : 194 pages
Distributeur : Delcourt
Date de sortie : 7 mars 2012
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Hellboy - La Fiancée de l’Enfer »
portoflio
site officiel
LE PITCH
Une jeune fille de 19 ans a été kidnappée. Hellboy part à sa recherche et retrouve sa trace en France, alors qu'elle est sur le point d'être offerte à un démon biblique. Hellboy luttera également contre des extraterrestres férus de modifications génétiques, combattra des zombies aux côtés de catcheurs mexicains, devra échapper à une maison hantée, et traquera un vampire aux allures d'ange !
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Le monde en 7 jours

Les lecteurs chevronnés d'Hellboy ont l'habitude, lorsqu'ils se jettent en librairie sur le dernier volume paru, de lâcher un petit son de déception en se rendant compte qu'il s'agit encore d'un recueil de courtes histoires et non d'un nouveau pas vers le final tant attendu. Un petit son vite ravalé tant la qualité est toujours au rendez-vous.

 

Très occupé mais aussi très dispersé et malmené par une imagination sans cesse en pleine ébullition, Mike Mignola a été finalement obligé de ranger ses belles résolutions au placard. Impossible manifestement pour lui de faire avancer l'histoire d'Hellboy de manière linéaire, et de se diriger directement vers l'apocalypse annoncée. La série du BPRD avait au départ été plus ou moins conçue pour absorber les concepts supplémentaires, mais il n'empêche que les aventures de leur meilleur agent sont toujours entredécoupées de nombreux one-shot ou miniséries imaginant quelques rencontres exotiques et étranges s'étant déroulés avant les derniers développements vus dans La Grande Battue. La Fiancée de l'enfer est donc un consistant recueil parcourant des angles assez variés, notamment des vampires européens (et donc romantiques en substance), leurs pendants Mexicains (avec quelques catcheurs masqués), des dieux égyptiens, une maison « vivante » et extra-terrestre... Il y a à boire et à manger. Avec son caractère bien trempé, Hellboy ne fait souvent pas grand cas des créatures impressionnantes et démoniaques qu'il rencontre, préférant le poing en pierre dans la tronche et la bière sirotée accoudé au bar. Son manque de subtilité est finalement à l'exact opposé de la plume de Mignola, qui s'attache des ces récits plus ou moins longs à recréer en quelques phrases, en une courte mise en situation, une mythologie complète, une ambiance entre gothisme, culture pulp et comédie noire.

 

portrait de famille

L'auteur n'a rien perdu de sa maîtrise, brassant ses colossales références littéraires et populaires avec une évidence poétique. Mais le dessinateur n'est pour une fois pas en reste puisqu'en plus des habituelles couvertures, il vient rappeler son inimitable coup de crayon dans une courte histoire de huit pages. Pas forcément la plus marquante narrativement parlant (conçue comme une sorte de présentation d'Hellboy pour le site USA today), mais le découpage et surtout la magie sidérante des aplats de couleurs, ainsi que la perfection de formes tout juste évoquées, rappellent immédiatement à quel point il manque à la BD mondiale. Mais le reste du volume n'a rien de sous-traité, puisque c'est l'immense Richard Corben (Den, Punisher The End) qui ouvre le bal dans Hellboy au Mexique, Le Double Visage du mal et La Fiancée de l'Enfer, jouant de son relief unique et sa propension à une violence débridée pour accompagner parmi les pages les plus frappées et les plus drôles de la saga. Contrastes et changements d'ambiance, c'est l'aérien Scott Hampton (Sandman presents Lucifer) qui évoque la vieille Europe et une horreur à la Hammer dans Les Endormis et les morts. Le plus inattendue ici reste sans aucun doute le récit illustré par le trop rare Kevin Nowlan (Alan Moore's Tomorrow Stories, The Man-Thing), dont le trait dynamique et la passion pour les vaches permet de croiser des visiteurs venues d'ailleurs (et parfaitement vert), un robot géant ainsi qu'un nouveau super-héros tristement drôle : un garçon-bovin. De bout en bout, ce 12ème tome étale la richesse de la création de Mike Mignola.

Nathanaël Bouton-Drouard


 

 

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