BAD BOY
Etats-Unis - 1997
Image de « Bad Boy »
Dessinateur : Simon Bisley
Nombre de pages : 44 pages
Distributeur : Panini Comics
Date de sortie : 17 juin 2009
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Bad Boy »
portoflio
LE PITCH
Un jeune garçon réalise que ses parents ne sont pas ses parents et que le monde autour de lui n’est pas ce qui parait. Surtout, il se rend compte que sa tentative d’évasion est loin d’être la première...
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Happy slapping

Edité discrètement en France il y a quelques années chez Rackam, l'étrange Bad Boy de Miller et Bisley revient chez Panini dans la foulée de la nouvelle édition US avec au passage une nouvelle couverture, très Sin City, du scénariste.

 

Depuis les révolutions successives de ses Daredevil et Dark Knight Returns, Frank Miller a obtenu un statut particulier et un privilège rare. Auteur effrontément indépendant et inclassable, il peut se lancer dans n'importe quelle relecture de personnages ultra codifiés (voire déconstruire lui-même son Batman), n'importe quel one-shot hors-série de taille variable, en fonction de ses seules envies. Il ne sait pas toujours lui-même quelle forme aura sa nouvelle histoire, si un super-héros y prendra part, si cela aboutira à une nouvelle série (Sin City ne devait être au départ qu'un seul et unique tome) ou à un récit court. Ce dernier cas correspondra au destin de Bad Boy, récit atypique, sorte de montagnes russes aussi intenses que brèves. Illustré par le monstre Simon Bisley (Lobo, Slaine), artiste hard rock spécialiste de la BD barbare et de créatures féminines bodybuildées et généreuses, l'album se perçoit comme un trip chaotique, irrévérencieux et rentre-dedans.

 

Bombasse

 

Créatures cauchemardesques, sorcières métal se trimballant à poil, découpage hystérique, langage ordurier, la lecture est aussi éreintante que d'écouter à fond Be Quick or Be Dead d'Iron Maiden. Fun, bourrin et efficace, Bad Boy est aussi l'occasion pour le scénariste de s'essayer à une structure digne de La Quatrième Dimension, avec répétitions (et petites variations) des même scènes, en laissant hors-champ le contexte de cet univers fascisant de façon a rendre la lecture universelle et intemporelle. D'un côté une force de l'ombre qui veut un monde unique, heureux (de force s'il le faut), qui nie l'individualité, de l'autre un petit garçon malpoli qui ne rêve que de s'en « griller une », de casser la gueule à ses faux parents et de palper un peu les énormes obus de la matriarche. La métaphore est sans doute un peu lourdingue et rejoint les thématiques habituelles de Miller - l'individualité contre le bien pensant et l'aliénation par la masse - mais l'idée principale est de prendre un shoot rapide et grisant. C'est direct, mais effectivement sans doute un peu court.

Nathanaël Bouton-Drouard

 

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