DJANGO UNCHAINED
Etats-Unis - 2013
Image de « Django Unchained »
Nombre de pages : 272 pages
Distributeur : Urban Comics
Date de sortie : 24 janvier 2014
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Django Unchained »
portoflio
LE PITCH
1858, sud des États-Unis. Le Dr King Schultz, ancien dentiste devenu chasseur de primes, fais l’acquisition de Django, un esclave à qui il propose un marché : l’aider à capturer les frères Brittle en échange de sa liberté. Tandis que les deux hommes entament leur traque, Django ne perd pas pour autant de vue sa principale préoccupation. Dès qu’il sera libre, il partira à la recherche de sa femme, vendue comme esclave à un riche propriétaire terrien du Mississippi.
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Director's Cut

Publiée aux USA presque en accompagnement de la sortie du film, la mini-serie Django Unchained n'est pas un dérivé proprement dît du dernier film de Quentin Tarantino, mais bien une extension à ranger à coté du Blu-ray.

Toujours sujet à débat, en particulier pour son traitement exacerbé de la violence et joliment biaisé de l'esclavagisme, Django Unchained reste tout de même l'un des films les plus époustouflants de son auteur, croisement excitant du western italien et de la blacksploitation des 70's, revitalisation sidérante d'un charismatique et inédit héros de cinéma noir. Mais on avait sans doute pas vraiment mesuré l'importance dans la création du film des lectures de jeunesse de Tarantino, passionné de bon vieux westerns de papier, comme Bat Lash ou The Rawhide Kid, peuplés de héros échappés de serial. Pas étonnant donc que le cinéaste ait sauté sur l'occasion, lorsque DC Comics, via la branche Vertigo, lui a proposé de produire une adaptation en comics de son Django. Un exercice pas souvent des plus passionnants, mais qui prend un tour plus aguichant puisque Django Unchained le comic en 7 fascicules n'est pas basé sur le film vu en salle, mais bel et bien sur l'intégralité du script original. Un script qui aurait abouti à un film de près de quatre heures selon son auteur, mais qui prend clairement plus ses aises dans l'album édité par Urban Comics, profitant au passage des superbes designs (entre ressemblances et réappropriation) signés R.M. Guéra, le dessinateur de Scalp. Un artiste parfaitement adapté au style cru et poussiéreux qui combine des personnages très marqués, voir parfois agréablement caricaturaux, et un sens du détail percutant. Un peu dommage que les collègues faisant l'intérim le temps d'un épisode ne soit pas aussi remarquables, car si Jason Latour (B.P.R.D.) et Denys Cowan (The Question) font la transition efficacement, le style très épuré et atmosphérique de Danijel Zezelj (Luna Park) tranche carrément, en particulier sur une scène aussi importante que le repas à CandieLand.

 

Pour quelques dollars de plus


Inutile de préciser que ceux qui n'ont pas goûtés aux excentricités du métrage et à ses dialogues à rallonge ne sont pas visés ici, tant le texte prend une tournure plus généreuse, plus massive, plus centrale encore. De menus détails, des allusions plus lourdes de sens, un flash-back sur la rencontre entre la jolie Broomhilda et Candie... on est jamais très loin d'une version un peu longue (entrées et sorties de scènes plus descriptives) qui malgré quelques détails croustillants, manque un peu d'élagage. L'erreur que l'on sent surtout ici est d'avoir limité le comic à seulement sept numéros, contraignant Reginald Hudlin (auteur d'un très bon revival de Black Panter) chargé des légères adaptations, de resserrer la narration autour des échanges dialogués. Aussi doué soit-il dans les détails et le découpage, R.M. Guéra (et ses collègues moins présents) se retrouve alors forcé et contraint de compresser sa mise en page, de laisser de coté le sens épique du récit, voir carrément un équivalent au cinémascope si important pour le genre. Sans effets de montage, sans décalage provoqué par la bande sonore et plus sobrement sans le style si virtuose de Tarantino, Django Unchained se révèle presque plus classique. On est loin de l'impact visuel du 2001 par Jack Kirby, du Dracula de Mignola ou du Alien de Walter Simonson réinventant le matériau originel pour en donner une mesure digne du 9 ème art. Si Django Unchained se hisse clairement au dessus des habituelles adaptations commerciales grâce à son écriture, sa cover galerie grand luxe (Jim Lee, Frank Quitely...) et l'élégance de la direction artistique, il fait clairement figure de bonus pour les aficionados.

Nathanaël Bouton-Drouard




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