THE CROW : WILD JUSTICE
The Crow : Wild Justice #1-3 - Etats-Unis - 1996
Image de « The Crow : Wild Justice  »
Dessinateur : Charlie Adlard
Scenariste : Jerry Prosser
Nombre de pages : 96 pages
Distributeur : Vestron
Date de sortie : 14 juillet 2022
Bande dessinnée : note
Jaquette de « The Crow : Wild Justice  »
portoflio
LE PITCH
Michael et sa femme, Jan, ont été tués par deux ordures. Des années plus tard, Michael, guidé par deux corbeaux, retrouve l’un de ses assassins. Celui-ci, rongé par la culpabilité, cherche à se racheter en dédiant sa vie à aider ses prochains. Mais Michael réclame vengeance…
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retour à la nuit

The Crow est toujours ébergé par Vestron qui retrace peu à peu toute l'histoire éditorial de la licence, croisant forcément en cours de route quelques titres déjà publiés chez nous. Ici donc Wild Justice, anciennement parus chez Delcourt sous le titre Midnight Tales et qui a la particularité d'être illustré par un certain Charlie Adlard, futur dessinateur de The Walking Dead, tout de même.

BD culte habitée par la fureur expiatrice de son auteur James O'Barr, The Crow n'avait pas franchement vocation à connaitre des suites et autres extensions, ne serait-ce que par le cheminement vengeur du personnage, et la simplicité évidente de sa trame. Peut importe, dans les années 90, l'excellent film d'Alex Proyas est passé par là, et Eric Draven devient une véritable icône pour toute une culture qui déteste qu'on l'appelle « gothique ». Outre de laborieuses et insupportables suites emballées par des tâcherons (sans parler de Vincent Perez) et écrites par des récidivistes comme David S. Goyer (Blade Trinity, Batman Begins, Man of Steel...), il faut compter sur l'industrie des comics qui est déjà à court de rééditions du classique. Forcément, rapidement, vont donc naitrent quelques miniséries développant à leur manière leur concept et ce avec plus ou moins de bonheur. Le problème est justement d'apporter quelque chose de nouveau à la mythologie de The Crow, ou d'en offrir un éclairage inédit. Mission presque impossible puisque le titre est lié à son pitch : un homme meurt après avoir vu sa belle assassinée et revient pour se venger grâce à une intervention mystique.

 

Passeurs


Simple, directe... Sans doute trop et c'est là que le scénario imaginé par Jerry Prosser (éditeur pour Dark Horse) réussit à dévier la difficulté, remettant directement en question la notion même de vengeance. Dans Wild Justice, il y est donc bien question d'un jeune homme qui revient d'entre les morts des années après son décès et qui tente de retrouver ses bourreaux. Oui, mais voilà, l'un deux, après 15 ans de prison et de cauchemars est un authentique repenti, une personne nouvelle. Découpant son récit en trois épisodes, centrés chacun sur le regard d'un personnage (Michael dans le premier, son assassin dans le second, le flic chargé de l'équente dans le troisième) l'auteur ouvre une réflexion sensible sur la violence et son éternel recommencement, comme un serpent qui se mord la queue. Emprunt d'une grande tristesse, écrasant la destinée sous l'imposante vacuité de la colère, l'album est loin d'être inintéressant, surtout que l'on y retrouve un jeune Charlie Adlard, en pleine période X-Files, mais déjà plein de talents. Maitrisant un très beau noir & blanc, il offre un style plus accessible que James O'Barr, plus rond, plus fin et constant, mais s'en inspire directement pour rendre l'aspect inquiétant des visions ésothériques et des flashbacks avec des hachures ancrées et un découpage plus chaotique. On reste par contre un peu plus sceptique devant le « maquillage » de l'esprit vengeur, mais il a au moins pour lui d'être un peu plus original que la moyenne.

Nathanaël Bouton-Drouard


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