BATMAN: NO MAN’S LAND T.1
No Man’s Land #1, Shadow of the Bat #83-84-85, Batman#563-564-565, Detective Comics#730-731-732, Azrael#52, Legends of the Dark Knight#116-117, Batman - Etats-Unis - 1999
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Nombre de pages : 352 pages
Distributeur : Urban Comics
Date de sortie : 11 avril 2014
Bande dessinnée : note
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LE PITCH
Ravagée par un tremblement de terre, Gotham City est également abandonnée par les autorités gouvernementales qui l’isolent du reste des États Unis. Des mois plus tard, Batman revient à Gotham, décidé à reprendre la ville en mains. Mais celle-ci est découpée en fiefs régis par ses pires ennemis…
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La chute de Babylone

Les amateurs de titres DC ont beau critiquer la propension d'Urban Comics à miser énormément sur les titres dérivés de Batman, impossible de faire la fine bouche lorsqu'il édite enfin des sagas partiellement ou totalement inédites en France, à l'instar de No Man's Land, considéré depuis longtemps déjà aux USA, comme l'un des fleurons du genre.

Très beau moment dans l'histoire de la Bat-Family, le crossover Cataclysme est certe une belle remise en question de l'univers du Batman, mais c'est aussi et surtout, presque une mise en bouche de ce qui allait arriver. Intéressant donc, mais forcément moins impressionnant que sa conséquence directe : le crossover géant No Man's Land. Plutôt que de se relever fièrement du tremblement de terre, la grande Gotham s'est effondrée encore plus bas, abandonnée par le gouvernement américain, totalement isolée du reste du pays et devenue une zone de non-droit où pullule les gangs en général dirigés par la clique habituelle de psychopathes de service, gentiment remis en liberté au lendemain de Cataclysme. La cité s'est effondrée, la civilisation a suivie de près et Gotham est la terre d'une guerre civile dévastatrice que tente de réguler les derniers restes de la police locale (forcément dirigée par Gordon) et finalement, après plusieurs mois d'absence, ce cher Batman (on ne verra presque jamais Bruce Wayne) obligé de ce plier aux nouvelles règles en vigeurs, aussi bien géographiques (impossible de passer de gratte-ciels en gratte-ciels, il n'y en a presque plus) que morales. Plus ténébreux que jamais, isolé, délestés de la plupart de ses gadgets trop modernes, Batman redevient une légende. Il va tenter de conquérir un à un les quartiers de la ville, encombrés de déchets et de cadavres, se confrontant au grès des pages à presque toutes les menaces connues de son histoire : Pingouin, Black Mask, Epouvantail, Double Face, Joker... Mais aussi et surtout l'âme humaine. Réduits à la survivance, au marché noir, à la violence, les habitants se perdent parfois en acceptant le prix d'une protection malsaine et dangereuse, trahissent leurs proches et eux-mêmes, mais aussi se montrent capables d'authentique générosité, de courage et de fraternité. Tout autant que les évolutions de Batman, No Man's Land excelle à décrire les mécaniques humaines.

 

Fondations


Dernier event entièrement chapeauté par l'illustre Dennis O'Neil, No Man's Land est un feuilleton ambitieux, qui va occuper toutes les revues concernées par Batman de mars à novembre de l'année 1999 (juste avant l'an 2000, et ce n'est pas un hasard), mais qui plutôt que de se découper en une succession d'épisodes, se regroupe progressivement en story-arcs extrêmement construits et confiés à diverses équipes créatives. Ce premier volume (sur quatre) contient donc, en plus de deux one-shot anecdotiques (l'un sur Azrael, l'autre sur Montoya) quatre grands chapitres parfaitement menés et solides. Premiers à ouvrir le bal, Bob Gale (le scénariste et producteur de Retour vers le futur) et Alex Maleev (inoubliable pour ses illustrations sur Daredevil et idéal par son réalisme ici) se concentrent sur une description à même la rue de la situation, suivant directement les agissements de Gordon et son équipe tout en soulignant l'absence encore notable du Batman, préfigurant ainsi le futur série Gotham Central. L'étonnant La Peur et la foi concocté par Devin Grayson (Nightwing) et Dale Eaglesham (Villains United) démontre que l'enfer est pétrie de bonnes intentions et que la peur peut mener au pire... Surtout lorsque l'Epouvantail est en embuscade. De leur coté Du Pain et des jeux (avec des dessins peu adaptés de D'Israeli) montre l'assaut de Batman sur le petit paradis du crime organisé par le Pingouin et Mosaïque (avec des illustrations effrayantes de Frank Teran) celui sur la secte déviante menée par Black Mask. C'est aussi la découverte par Barbara Gordon (ex-Batgirl devenue Oracle) de l'existence d'une nouvelle jeune fille au costume de chauffe-souris, plus effrayante qu'elle. Toujours plongé en pleine chaos, jamais loin de sombrer plus bas encore, la Gotham décrite dans ce premier gros volume de No Man's Land laisse des traces et fascine par l'excellence narrative du pool d'auteurs et d'artistes aux commandes qui livrent un brillant journal de fin du monde dont s'est d'ailleurs largement inspiré Christopher Nolan pour son Dark Knight Rises. Comment Batman pourra-t-il la remettre sur pied ? A suivre en juillet.

Nathanaël Bouton-Drouard




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