SHAZAM
New 52 Shazam! Vol.1 - Etats-Unis - 2014
Image de « Shazam »
Dessinateur : Gary Frank
Scenariste : Geoff Johns
Nombre de pages : 192 pages
Distributeur : Urban Comics
Date de sortie : 14 novembre 2014
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Shazam »
portoflio
LE PITCH
Billy Batson est un garçon têtu et arrogant, balloté de famille d’accueil en famille d’accueil, jusqu’au jour où il est choisi par le sorcier Shazam, pour devenir le nouveau champion terrestre de la magie ! Mais le retour de Black Adam, ancien détenteur corrompu de ce pouvoir, le forcera à mûrir et assumer enfin ses responsabilités !
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Formule magique

Vénérable super-héros grandiloquent de l'âge d'or, Shazam, alias Captain Marvel (nom abandonné pour des raisons évidentes), est l'un des personnages les plus puissants de l'univers DC. Revenu par la petite porte, le personnage s'offre pourtant de nouvelles origines particulièrement lumineuses et rafraîchissantes.

Nouvel architecte de l'univers DC post-Flaspoint, Geoff Johns (impossible de passer à coté de son énorme run sur Green Lantern) est l'un de ces scénaristes particulièrement doués pour redonner de l'étoffe à des personnages oubliés, ou laissés de coté par les autres. Responsable de la nouvelle mouture de la Justice League et grand fan de ce vieil héros « magique », il décide de l'intégrer peu à peu à l'équipe, mais aussi de conter son grand retour par un moyen discret mais assez bien vu, en l'occurrence de courts chapitres en back-up de la série principale. La publication se fait de manière un peu décousue (certains numéros, trop chargés, laisse Shazam de coté) mais qui a l'arrivé donne à cette réédition en album complet une vraie saveur. A la fois parce qu'elle permet bien entendu de redécouvrir ce récit d'une seule traite, mais aussi parce qu'elle re-cible le lectorat pour une aventure bien plus colorée, légère et humoristique que celle de la Justice League, qui au passage n'a cessé de perdre de sa force au cours des numéros. Ici pas (ou peu) de faiblesses, la réinvention du personnage est une déclaration d'amour chaleureuse, autant qu'une modernisation maîtrisée.

 

Dans un éclair


Fin connaisseur de l'histoire éditoriale de ce personnage atypique apparu dans la foulée de Superman chez Fawcett Publications (dans la revue Whiz Comics) et rapidement devenu la stars des 40's, il intègre directement ici de nombreux concepts de ses premiers auteurs (C.C Beck et Bill Parker), quelques idées farfelues des publications suivantes (la famille Marvel, le tigre) et les projette dans la dureté du monde moderne avec en toile de fond un léger regard social et un avatar humain, Billy Batson, bien moins naïf qu'autrefois. Captain Marvel était justement connu pour sa tonalité presque enfantine, pour ses pérégrinations colorées rappelant même les strips comics, Johns n'en perd pas une miette, et réveille à nouveau tout le panthéon fantasque (le sorcier, les péchés capitaux, Black Adam) en leur donnant un relief plus obscure. Un mariage réussi, en particulier dans son détourage du jeune héros, orphelin bagarreur et méfiant, ayant bien du mal à accepter sa nouvelle famille, et souvent très drôle en particulier lorsque transformé en Shazam, colosse carré et surpuissant, il enchaîne les conneries et les pauses crâneuses. Collaborateur régulier de l'auteur, Gary Frank (Batman Earth One) aurait pu avoir un style trop réaliste, presque trop "comics" pour accompagner ce qui s'apparente clairement à un conte de noël super-héroique, mais il réussit justement à briller sur les deux biais de l'album. Ses illustrations fouillées et précises accentuent le contexte palpable et crédible de la banlieue de Philadelphie, caractérise joliment Billy et ses nouveaux frères et sœurs, tandis qu'avec une très belle coloration (surtout sur les « effets spéciaux »), un découpage spectaculaire dans les séquences d'action et des designs excessivement puissants pour les deux ennemis miroirs (Shazam et Black Adam), il confère à l'ensemble une fantasy adequate. Du tout bon pour un bel et attachant retour en force, avec une approche plus mainstream que la mini-série de Jeff Smith (toujours inédite en France) et qui aurait clairement mérité une authentique série régulière, car clairement, malgré son grand âge, Shazam respire toujours autant la magie.

Nathanaël Bouton-Drouard




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