LA DIVINE COMéDIE T.1
Dante Shinkyoku Vol.1 - Japon - 1994
Image de « La Divine Comédie T.1 »
Dessinateur : Go Nagai
Scenariste : Go Nagai
Nombre de pages : 258 pages
Distributeur : Black Box Editions
Date de sortie : 23 septembre 2015
Bande dessinnée : note
Jaquette de « La Divine Comédie T.1 »
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LE PITCH
Issu de l'œuvre de Dante, la divine comédie nous entraîne à travers l'enfer, le purgatoire et le paradis jusqu'au bout du voyage qu'est la trinité.
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Entre ciel et terre

Véritable obsession de Go Nagai (Goldorak), La Divine Comédie de Dante Alighieri est un texte fondateur publié depuis le 14ème siècle. Un monument, auquel le mangaka s'attaque avec une passion évidente, surlignant évidement les ambitions qui se cachaient derrière ses œuvres les plus célèbres.

Et forcément, là où La Divine Comédie est le plus présent, c'est dans le colossal Devilman et ses multiples variations. Un point de départ même, auquel l'auteur fait de multiples allusions et y intègre le voyage allégorique de l'auteur (à la fois narrateur et personnage central) dans sa propre chronologie. Logique donc qu'après quelques décennies de carrière, le mangaka s'y confronte directement en adaptant de la manière la plus fidèle possible le livre en trois volumes. Dans un sens la force de l'œuvre originale est bel et bien présente et la lente descente de Dante au cœur des enfers, sa traversé cauchemardesque via le purgatoire et les différents cercles de l'enfer aux coté du poète Virgil, gardent bien évidement toute leur force. Tout y est symbolique, comme lorsque le premier tome s'ouvre sur l'errance du personnage, chassé de Florence, dans une forêt de conte horrifique où apparait trois bêtes féroces symbolisant l'avidité de l'être humain. Légèrement modernisé dans son écriture, mais toujours doté d'une prose soignée, cette version de La Divine Comédie ne détourne jamais le regard, bien au contraire, et confronte le lecteur à ses propres démons, à la condition humaine, aux péchés des puissants et aux faiblesses des plus miséreux, tout en questionnant sans cesse l'impériosité d'une foi aveugle.

 

tragi-comédie


Clairement peu de lecteurs actuels iront se plonger dans l'ouvrage de Dante et la BD de Go Nagai est en ce sens une excellente alternative, à la fois fidèle et plus actuelle, voir parfois plus effrayante encore, en partie grâce à son parti pris graphique ambitieux. Si certains personnages, surtout les visages, porte encore la marque « à l'ancienne » du dessinateur et dénotent un peu, l'artiste rend constamment hommage aux travaux de Gustave Doré. A la fois en se réappropriant le style des gravures, n'utilisant aucun tramage mais uniquement des contours fortement encrés et hachurés, ainsi que des impressions de lumières, mais aussi en incluant directement quelques-uns de ses plus célèbres tableaux dans son découpage. Certaines visions en deviennent ainsi incroyablement puissantes, de la voracité de Cerbère, du vol des gorgones aux amants maudits harcelés par un vent immortel, les planches sont d'une élégance rare et cultivent ainsi un contraste constant entre les élans « manga » de l'album, l'élévations du style vers un classicisme biblique et bien entendu les penchant de l'auteur de Devilman et Violence Jack (à quand une édition française ?) pour les images chocs, entre érotisme glauque et débordements d'horreurs presque gores.

Pas forcément sa minisérie la plus facile d'accès, La Divine Comédie est un exercice très personnel pour Go Nagai, mais elle démontre à la fois les grands talents graphique d'un artiste souvent réduit à son trait 70's et permet de mieux comprendre les glissements réguliers de ses œuvres les plus anodines vers le cauchemar traumatique.

Nathanaël Bouton-Drouard




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