LES 110 PILULES
France / Italie - 1986
Image de « Les 110 Pilules »
Dessinateur : Magnus
Scenariste : Magnus
Nombre de pages : 48 pages
Distributeur : Delcourt
Date de sortie : 23 septembre 2009
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Les 110 Pilules »
portoflio
LE PITCH
Le riche Hsi-Meng Sen a reçu d'un moine un cadeau incomparable : 110 pilules qui décuplent la force sexuelle... Cette aubaine s'accompagne toutefois d'un commandement : ne prendre qu'une seule pilule à la fois, à chaque nouvelle lune. Mais le libertin se laisse aller à les consommer sans aucune modération... et commence une insatiable immersion dans les plaisirs de la chair.
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Période bleue

Après avoir papillonné autour de l'idée avec des volumes comme Premières fois ou Filles perdues, Delcourt passe enfin le pas et crée sa collection Erotix. Et comment ne pas mieux célébrer ce petit évènement en proposant une nouvelle édition du superbe 110 Pilules de Magnus?

 

Souvent poussives et simplement primaires, les bandes-dessinées pornographiques européennes sont, à l'instar de leur homologues cinématographiques, tombées dans une surenchère trashos pas franchement artistique. La réédition (enfin !) du 110 pilules de Magnus tombe donc à point nommé et permet aux nouveaux lecteurs et aux vieux nostalgiques de renouer avec un auteur qui nous a quittés en 1996 dans un désintérêt général. Artiste italien prolifique dans le domaine des fumeti (Kriminal, Satanik), qui reviendra d'ailleurs dans les dernières heures de sa vie vers la mythique saga de Tex (publiée en France en format poche), Magnus est célébré en France pour ses œuvre polissonnes que sont Necron (réédité par Cornelius) et bien sûr Les 110 Pilules. Un titre pré-publié en son temps dans la revue L'Echo des savanes, quand elle était encore l'un des grands lieux de la BD, et qui subjugua les lecteurs autant pour son érotisme exacerbé que pour le trait incomparable du bonhomme. A l'instar de son compatriote Manara, Magnus s'attaquait là à un conte de mœurs chinois très célèbre tiré du roman Jin Ping Mei (publié aux alentours de 1600 tout de même) dont le traitement cru et affriolant de la sexualité laisse encore pantois.


Coup de bambou

Ainsi grâce à un viagra avant l'heure, Hsi-Meng Sen tente de combler son harem par tous les orifices disponibles, mais aussi une jeune prostituée en plein apprentissage, une bourgeoise mature à la recherche de nouvelle expérience et même un panthéon de travestis rémunérés à la performance. Des parties de jambes en l'air délurées et joyeuses (du moins dans la première partie) où les courbes fines et parfaitement anatomiques de l'illustrateur font véritablement des merveilles. Un amour de la chair et du sexe évident qui provoque forcément quelques états seconds chez le (ou la) tourneur(se) de page. On retrouve cette maîtrise graphique dans des décors et détails subtils, profondément ancrés dans l'orientalisme ambiant, ainsi que dans une gestion sidérante des contrastes du noir & blanc. Des pages tout simplement sublimes et jouissives (sans jeu de mots) qui tranchent fortement avec la chute déplorable et pathétique du maître de maison. Ou quand la passion consommée par les deux bouts (sans jeu de mots) finit par détruire le pêcheur. Cette morale un peu désuète n'entache en rien le délicieux frisson parcouru par l'ingestion de ces douces pilules...
Nathanaël Bouton-Drouard

 

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