SEPT CANNIBALES
France - 2016
Image de « Sept Cannibales »
Dessinateur : Tirso
Scenariste : Sylvain Runberg
Nombre de pages : 64 pages
Distributeur : Delcourt
Date de sortie : 19 octobre 2016
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Sept Cannibales »
portoflio
LE PITCH
Ils sont sept. Riches… Influents… L’élite. Des mâles dominants avides de sensations fortes. Ils se jouent des valeurs hypocrites d’une société qui les adule. Ne vivent-ils pas dans un monde où la loi du plus fort s’impose ouvertement ? Sept prédateurs, qui assouvissent leurs pulsions lors de gigantesques fêtes privées. Mais le rituel va être perturbé. Car cette fois-ci, leur nouvelle proie n’entend pas se laisser mener à l’abattoir…
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Etrange collection que ces « Sept » mariés à toutes les sauces, à tous les genres, avec forcément parfois quelques difficultés à se créer à une identité et à affermir un certain niveau qualitatif. Un niveau qui s'élève avec Sept Cannibales, thriller sadique et noir qui malgré son titre explicite réserve quelques belles surprises.

Ici encore une fois, le chiffre sept est au centre de l'histoire, avec la découverte d'anciens camarades de fac huppé, ayant toujours eu l'habitude d'arriver à leurs fins, d'obtenir tous ce qu'ils voulaient, devenus depuis quelques années les organisateurs de fiestas annuelles totalement décadentes. Orgies, prostitution, drogues de toutes sorties, rien de bien originale pour des « winners » plein de frics, sauf que derrière la façade, les sept potes partagent une autre passion : la chasse à l'homme, ou plutôt à la femme, avec dégustation du gibier en apothéose. Charmant. Et déjà largement de quoi mettre l'eau à la bouche d'un lecteur avide d'albums originaux et couillus. Scénariste des plus prolifiques et grand habitué de la collection, Sylvain Runberg (Hammerfall, l'adaptation de Millénium) prend un malin plaisir à opter pour le point de vue de ces sept psychopathes de service, à les suivre préparant joyeusement leur fiesta, tout en disséminant quelques flashbacks montrant la progressive escalades dans la barbarie.

 

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Une BD qui n'est pas à mettre entre toutes les mains, car souvent très violente, et qui sert le portrait éloquent de sept monstres modernes, capitalistes avérés, mâles immoraux, forcément misogynes (voir la scène odieuse du bizutage), comme de simples reflets primaires des péchés du monde contemporains. Mais bien entendu rien ne va se passer comme prévu, et après avoir efficacement fait monter la tension, Runberg renverse les machines et remplace chasseur et chassé, bourraux et victimes, avec un petit twist certes prévibles, mais habilement opéré. Un album efficace, nerveux et méchant, qui aurait sans doute gagné en intensité avec quelques pages de plus, question de développer plus avant certaines situations (la seconde partie souvent un poil elliptique) et profiter plus longuement du travail visuel de Tirso (Les Chroniques de Légion), doté d'un style dynamique, intense et d'un traits pointu et creusé. Ses cadres semblent toujours avoir été capturés sur le vif, ses personnages en plein mouvement sans aucune sensation de pause. Une énergie qui rend la dernière partie d'autant plus redoutable et les quelques détails scabreux, plus marquants encore. Un survival qui rassasie.

Nathanaël Bouton-Drouard


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