APRèS LA CHUTE
France - 2017
Image de « Après la chute »
Dessinateur : Juzhen
Scenariste : Laurent Queyssi
Nombre de pages : 88 pages
Distributeur : Glénat
Date de sortie : 4 janvier 2017
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Après la chute »
portoflio
LE PITCH
Une catastrophe planétaire à transformé la Terre en un champ de ruines, la faisant régresser à un état sauvage où animaux gigantesques et tribus de guerriers cruels se disputent ses territoires. 96 ans plus tard, Giala, jeune fille courageuse et rebelle va assister à l’enlèvement des enfants de sa tribu par des marchands d’esclaves et va partir dans une aventure dangereuse afin de les retrouver.
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Hurons et belle pépés

Le genre post-apo est très largement développé en BD. Comme tous les genres, il possède ses fleurons : Akira, Hokuto no Ken, Tank Girl... Autant d'œuvres fondatrices et aujourd'hui cultes qui continuent d'influencer, pour le meilleur et pour le pire, certains projets beaucoup moins marquants.

Dès sa couverture, Après la chute annonce la couleur : jeune fille aux formes généreuses et peu vêtue, gros baraqués à crête et armes blanches, immeubles de biais et fissurés... Toute la panoplie des codes du genre est là. Dessiné par Juzhen, dessinateur chinois à qui l'on doit la série d'heroic fantasy viking Konungar, ce one-shot généreux en terme de planches (88) est esthétiquement plutôt réussi : un dessin photoshop soigné, des visages féminins très expressifs (ceux des hommes sont par contre beaucoup plus hermétiques) et un découpage dynamique durant les scènes d'action. Au niveau du storyboard, c'est assez peu original, aucune planche ne se démarquant véritablement des autres mais l'ensemble reste assez constant pour donner envie au lecteur de tourner les pages. Le plus gros point noir ne se situe donc pas là.

 

Mutant va la cruche à l'eau


C'est surtout au niveau du scénario, signé Laurent Queyssi (romancier, scénariste et traducteur chez Urban Comics) que la déception est de taille. Car au lieu de se concentrer sur un petit groupe de personnages à la quête claire et précise (ce qui aurait en plus permis leur développement au fur et à mesure du récit), il intègre un nombre beaucoup trop important de protagonistes et ce, sans jamais en développer aucun. On croise ainsi, en l'espace de quelques planches : une bande de marchands d'esclaves, des animaux géants, un groupe de mutants doués de pouvoirs (lesquels ? On ne le saura jamais), un "Sorcier" vivant au sommet d'une tour... On sent clairement l'ambition narrative et la volonté de raconter une grande histoire mais, dans les faits, tout cela se réduit à peau de chagrin. D'autant plus que les dialogues sont à l'avenant, au mieux d'une extrême platitude, au pire totalement inutiles et incapables de donner vie à la moindre dramaturgie même lors du climax qui nous révèle l'explication de la fameuse "Chute" du titre.

Alors on se dit que quelque chose nous a peut être échappé. Qu'Après la chute s'adresse peut être à un jeune public (avec un tel festival de membres et de têtes coupés ?) ? Ou bien que le projet, réduit au one-shot, devait d'abord courir sur plusieurs albums ? Possible. Toujours est-il qu'en l'état, le résultat est assez raté.

Laurent Valentin


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