LA SORCIèRE ROUGE T.1
Scarlet Witch #1-5 - Etats-Unis - 2016
Image de « La Sorcière Rouge T.1 »
Scenariste : James Robinson
Nombre de pages : 112 pages
Distributeur : Panini Comics
Date de sortie : 30 novembre 2016
Bande dessinnée : note
Jaquette de « La Sorcière Rouge T.1 »
portoflio
LE PITCH
La magie est en péril et la Sorcière Rouge est bien décidée à la sauvegarder. Pour y parvenir, elle entreprend un périple jusqu'au bout du monde au cours duquel elle affronte de vieilles connaissances et de nouveaux adversaires. Cependant, une question de meure : quel est l'esprit machiavélique à l'origine de cette machination?
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Quand la sorcière s'enflamme

Nouvelle recrue remarquable des Avengers au cinéma, mais héroïne souvent terriblement malmenée dans les comics, La Sorcière rouge revient avec sa propre série dans la fringante All-New All-Different Marvel. Sa magie peut-elle la faire voler jusqu'aux hauteurs d'un Hawkeye ?

Un run mémorable de Matt Fraction qui a totalement réinventé l'archer et surtout largement remis en avant un personnage que beaucoup avaient enterrée à force de réécritures, de changements de direction et autres approximations psychologiques. Un vrai modèle pour Marvel et de nombreux auteurs, dont le James Robinson du malin Airboy qui avoue volontiers s'en être inspiré pour donner naissance à sa Scarlet Witch. Même travail d'épure sur l'arrière plan du personnage, quasiment totalement débarrassé de ses acolytes Avengers, de son ex-mari Vision et surtout de ses nombreux troubles psychologiques (voir psychotiques) utilisé par Brian M. Bendis pour provoquer quelques apocalypses successives. Ici rien n'est oublié, mais Wanda fait table rase de son passé, et franchement ça lui va plutôt bien, et se laisse tout loisir de partir sur les traces de mystérieux phénomènes magiques. Si le retour de son ancienne nurse Agatha sous forme ectoplasmique est plutôt bien vu pour installer une confidente pleine d'ironie, et que les allusions directes aux mondes de la magie (Hécate, l'inquisition espagnole, le peuple bohémien...) redonne de l'étoffe à une femme qui n'a enfin plus besoin de Dr Strange pour s'en sortir, la série peine cependant pour l'instant à installer un vrai souffle.

 

sortilèges


La menace du premier Nemesis de la dame est assez mal amenée (et il manque de charisme), tandis que la construction en petits one-shot dès le lancement, casse le rythme des rencontres. Bien dommage, car cette nouvelle série La Sorcière rouge affiche visuellement les qualités des séries solo actuelles de Marvel, soit un pool d'artistes aux styles variés et atypiques. Ici James Robinson ne se contente pas de faire succéder le réalisme onirique de Marco Rudy (The Shield) à une Vanessa Del Rey (The Empty Man) presque rude dans son utilisation de pastels gras, mais rebondit sur le style de chacun pour donner corps à un univers de sorcellerie changeant. La preuve avec le doublé « Sur la terre d'Irlande » dont le regretté Steve Dillon (Preacher) se charge des évènements dans le monde normal, tandis que Chris Visions (Dead Letters) se montre plus flottant, atmosphérique, dès que la protagoniste passe la porte de la route des sorcières. Bien vu, tout comme les planches presque naïves de Javier Pulido (Human Target), réminiscences de Steve Ditko, qui traversent en silence un couvent espagnol hanté dans le dernier chapitre de ce premier album.

 

Le voyage aux cotés de Wanda Maximoff affichent donc de nombreux charmes, des couleurs et des sensations différentes, mais ce qui manque pour l'instant c'est vraiment une direction cohérente, un but identifiable qui entraine le lecteur plus loin sur le chemin de cette reconstruction nécessaire.

Nathanaël Bouton-Drouard


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