WAYWARD T.1: UN NOUVEAU DéPART
Wayward #1-5 - Etats-Unis - 2015/2016
Image de « Wayward T.1: Un Nouveau départ »
Dessinateur : Steve Cummings
Scenariste : Jim Zub
Nombre de pages : 160 pages
Distributeur : Glénat
Date de sortie : 8 mars 2017
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Wayward T.1: Un Nouveau départ »
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LE PITCH
Rori Lane s’apprête à commencer une nouvelle vie. Fruit d’un amour passionnel et fugace entre un Irlandais et une Japonaise, elle se rend pour la première fois à Tokyo pour rejoindre sa mère. Fascinée par cette nouvelle culture et par l’ampleur de la mégalopole tokyoïte, elle s’amuse à vagabonder dans les rues, jusqu’au jour où elle fait une rencontre inattendue… Attaquée par de monstrueuses créatures sorties tout droit des légendes, elle ne doit son salut qu’à Ayane ...
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11 heures de vol

La BD américaine tente régulièrement le voyage en orient, la tentative d'intégration des codes du manga et la découverte d'un paysage et d'une culture fascinante par ses particularismes, mais rarement l'approche aura été aussi soignée, appliquée et franche qu'avec Wayward, nouvelle série d'aventure pour ados carrément fraiche.

Une petite série pleine d'ambition, et en premier lieu celle de faire véritablement voyager ses auteurs vers un comic plus libre, loin des licences déjà installée. Il faut dire que le scénariste Jim Zub semble, malgré des réussites plus ou moins marquées, franchement enfermé dans l'exercice d'adaptation, entre Pathfinder, Donjons & Dragons, Samuraï Jack ou Street Fighter Legend. Une réalité commerciale dans laquelle le dessinateur Steve Cumming verse lui aussi depuis un moment, s'échappant heureusement de Legends of the Dark Knight ou New Excalibur, pour livrer un L'Armée des anges chez le français Les Humanoides Associés. C'est d'ailleurs ce dernier, habitant au Japon, qui a eu l'idée de l'univers de Wayward par le biais d'une simple illustration (devenue la couverture) sur laquelle va s'envoler son amis écrivains. Wayward peut être alors vu comme l'émancipation des deux auteurs, mais aussi leur déclaration d'amour évidente à toute une culture, entre modernité exacerbée, histoire ancestrale et mythologie animiste, dont les premiers épisodes présents dans l'album s'emparent avec une facilité déconcertante.

 

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Sans cliché, facilités scénaristiques et autre visions de gentils touristes, la série donne à voir un Pays du Soleil Levant tel qu'il est vraiment, urbain, habité, aux curiosités sociétales uniques, tout en réveillant un fantastique riche, peuplé d'esprits, de yokai (vu dans les films Ghibli, dans les mangas...) forcément mis à mal par le bétonnage écrasant. D'où la pertinence forcément d'éveiller dans ce décors des réminiscences des personnages adolescents aux pouvoirs étranges, plus proches d'Akira et YuYu Hakusho que des X-Men, question de faire le lien entre les générations. A ce titre, là encore, le travail visuel de Cummings, sans être révolutionnaire ou renversant, opère un joli pont entre l'efficacité des comics et des designs plus mangas, dépassant bien souvent quelques imprécisions dans un trait très Salvador Larroca, par une expressivité bienvenue et une mise en scène très « animé ». Forcément donc, Wayward attire l'œil, en particulier de tous les amoureux du Japon (mais pas que) et réussit à emporter le lecteur dans une aventure adolescente pleine de surprises, d'amitiés nouvelles et d'invasions monstrueuses... qui bien entendu rejouent à quelques occasions la partition de l'incontournable Buffy contre les vampires. Pas un mal, Un Nouveau départ installe confortablement sa petite bande d'outcasts, laisse planer quelques mystères tout en reprenant la structure bien menée du récit des origines d'une équipe de (super ?) héros dans l'air du temps. Pas toujours des plus original dans sa construction soit, mais le mélange culturel et la trame sont parfaitement efficaces, et ne vont pas que séduire les ados.

Nathanaël Bouton-Drouard


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