POWER RANGERS T.1: RANGER VERT – ANNéE UN
Mighty Morphin Power Rangers #0-4 - Etats-Unis - 2015/2016
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Dessinateur : Hendry Prasetya
Scenariste : Kyle Higgins
Nombre de pages : 160 pages
Distributeur : Glénat
Date de sortie : 29 mars 2017
Bande dessinnée : note
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LE PITCH
Bienvenue à Angel Grove, le monde des Power Rangers et des attaques hebdomadaires de monstres géants ! Tommy Oliver était un gamin comme les autres avant que Rita Repulsa ne prenne son contrôle et fasse de lui le Power Ranger vert. À présent affranchi de son emprise, Tommy essaie de retrouver une vie normale, combinant ses activités de lycéen et de héros. Il se rend compte qu’il n’est pas plus facile de se faire de nouveaux amis que de combattre des hordes de monstres...
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megazord en action !

Depuis 1993 (ça ne date pas d'hier) les gosses ne s'en lassent pas, et les Power Rangers en costume lycras ultra moulants reviennent même pour un reboot en grandes pompes sur écran géant. En parallèle, IDW, spécialisé dans les comics à licence, revient à la première mouture avec un comic bien moins crétin que prévu.


Parce que même en s'armant d'une bonne de nostalgie, il faut reconnaitre que le concept de base ouvre la porte à un certain niveau de kitch et de crétinerie. Après avoir essayé en vain de vendre des séries sentai (Bioman et consorts) aux diffuseurs américains, Haim Saban (anciens compositeur d'Ulysse 31 ou Les Entrechats) réalise qu'il va devoir feinter. Il reprend ainsi directement les séquences de combats en collants et les affrontements entre robots géants aux airs de dinosaures d'une série à succès au Japon, Kyoryu Sentai Zyuranger, et y remplace la narration et les passages dramatiques par des scènes inédites tournées avec de belles tronches d'américains. D'un coté du pur sentai, toujours aussi curieux pour les spectateurs occidentaux, et de l'autre de la sitcom teenage assez navrante, et la « magie » opère. Plus de vingt ans après, la formule n'a en définitive que peu changée (seules les séries qui servent de squelette finalement), et le comic édité par IDW prend le risque de s'y confronter directement. Retour donc aux forces rouge, noire, bleue, rose et jaune, tout juste rejoint par l'ex-renégat, Power Ranger Vert, et toujours prêt à défendre la terre contre les plans infernaux de la sorcière lunaire Rita Repulsa.

 

comme les six doigts de la main


Et si ce Power Rangers aurait pu largement se contenter de reprendre tel quel le ton niais de la série originale, mais s'efforce de faire beaucoup mieux. Les costumes bariolés sont toujours là, les vilains grimaçant aussi, mais déjà les sidekicks comiques éreintants Bulk et Skull sont essentiellement relégués dans une BD bonus d'une dizaine de pages, tandis que le robot idiot Alpha fait office de figurant. C'est que manifestement Kyle Higgins, scénariste de C.O.W.L., Batman: Gates of Gotham ou Batman Beyond 2.0 a l'ambition d'insuffler plus de maturité dans le propos. Pas de réflexions philosophiques ici, mais tout simplement des héros bien moins simplistes qu'auparavant, pour un album qui ressemble vraiment bien souvent à une chronique adolescente, entre la quête de rédemption de Tommy Oliver, et les échanges réguliers entre la bande de copains autour de leur place à chacun, leur identité, leurs relations plus romantiques... Du classique mais bien mené, et rythmé avec efficacité par de nombreux combats contre les séides habituels de la sorcière et une monté progressives des enjeux... Et ce, jusqu'à un final largement plus inquiétant que ce que la licence a pu proposer jusque-là, avec un nemesis inédit en prime. Même angle plus consistant avec les illustrations légèrement mangas, et les contours francs, d'Hendry Prasetya (Power Girl, Green Lantern New Gardians) qui libèrent leur puissance dans l'action. Aidé par les couleurs vives de Matt Herms (Sonic Universe), l'artiste d'origine indonésienne, étale des combats d'arts martiaux particulièrement dynamiques et surtout des face-à-face colossaux entre monstres et méchas gigantesques, tout à fait digne d'un bon vieux Kaiju.


Une modernisation pas forcément attendue d'un univers essentiellement réservé aux plus jeunes, qui préserve une bonne dose de premier degré et de galipettes, mais réussit à donner un peu de noblesse à un concept raz-les-pâquerettes. Le film de 2017 peut-il faire aussi bien ?

Nathanaël Bouton-Drouard




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