THE GHOST IN THE SHELL 2: PERFECT EDITION
Kōkaku kidōtai : Man Machine Interface - Japon - 1997/2001
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Dessinateur : Masamune Shirow
Scenariste : Masamune Shirow
Nombre de pages : 304 pages
Distributeur : Glénat
Date de sortie : 7 juin 2017
Bande dessinnée : note
Jaquette de « The Ghost in the Shell 2: Perfect Edition »
portoflio
LE PITCH
Quatre ans ont passé depuis que le major a fusionné avec la forme de vie artificielle et quitté la Section 9. Sous le nom de Motoko Aramaki, elle travaille pour Poséidon Industries dont elle assure la sécurité des intérêts ; mais elle est toujours surveillée par le Bureau de Parapsychologie. Une enquête apparemment de routine suite à l’attaque d’une usine de clonage va, de cyber-combat en cyber-combat, la conduire vers une nouvelle révolution scientifique et humaine…
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Le Labyrinthe de verre

Second volume de la collection Perfect Edition consacrée à l'important The Ghost in the Shell, Man Machine Interface affirme une fois encore le soin apporté par l'éditeur. Le format est collé à celui de l'édition japonaise, intégral, avec une nouvelle traduction et un respect total des très nombreuses pages en couleurs. Mais est-ce que cela peut sauver un album longtemps boudé par les fans ?

Les puristes sautent souvent à la gorge des réalisateurs qui osent ne pas respecter l'œuvre originale qu'ils abordent. Pourtant, en 2004, lorsque Mamoru Oshii proposa l'incompris Ghost in the Shell 2 : Innocence, préférant faire suite à son propre film que donner corps à celle de Masamune Shirow, les plaintes a ce niveau ne furent que très discrètes. Pas vraiment étonnant, car même les lecteurs les plus assidus du créateur d'Appleseed ont dû avoir bien du mal à calmer la migraine qui grossit de pages en pages à la première lecture de Man Machine Interface. Pas vtout à fait une suite de Ghost in the Shell, comme l'annonce directement l'auteur en préface, mais uniquement celle de Motoko Kusanagi, devenue « autre » après sa fusion avec le Puppet Master. Exit les missions politiques et les forces d'assaut, le second volume est une plongée vertigineuse, sans bouteille d'oxygène, dans une gigantesque course poursuite en mode hacker. La quasi-intégralité du manga se déroule alors dans le monde de l'information, le virtuel online, et la nouvelle héroïne, devenue agent pour une entreprise Trans-humaniste, tente de démêler des fils... qui ressemblent fortement à une gigantesque pelote de laine. Extrêmement complexe, voir totalement incompréhensible la plupart du temps (sauf peut être pour d'authentiques hackers), Man Machine Interface est un véritable trip frénétique, parsemé de visions totalement folles et improbables, mais qui frôle très souvent l'onanisme cérébral.

 

maison de poupées


Pas que d'ailleurs, puisque le même Masamune Shirow qui ne veut plus qu'apparaissent les deux fameuses pages très "cul" de son premier volume, se livre ici à un défilé de créatures ultra-sexy, toujours en tenues légères ou combinaisons terriblement moulantes, adeptes des poses lascives, des petites culottes blanches échancrées et des jambes nonchalamment écartées en direction de l'objectif. Douteux, voir gênants, ces débordements annonce finalement assez tristement ce qu'est depuis devenue la carrière de cette légende du manga, concentrée sur la série des Galgrease, artbooks cyberculs. Difficile donc de ne pas rejeter en bloc ce pavé totalement abscond qui pourtant, sous les pavés textuels, ne manque pas de qualité. Et graphiques en premier lieu. Quelques années après la première série, le style visuel de l'artiste a encore fait un bond en avant, entre réalisme creusé, futuriste et maniéré, et épure manga, le mariage n'a que rarement aussi bien fonctionné... même lorsque s'invitent dans la page d'étranges marsupiaux farceurs (en fait des logiciels de Makoto). Décors, bâtiments, technologies, corps humains, vêtements, tout est franchement magnifique, finement imbriqués, et preuve de l'avant-gardisme de Shirow, Man Machine Interface impose son poème sur la virtualité par une utilisation, alors totalement inédite, des logiciels graphiques. Modèls en 3D, effets Photoshop, textures, déformations... Certains de ces effets ont parfois un peu vieillis dans leurs modélisations, mais le rendu est particulièrement étonnant, et aboutit le plus souvent à des planches couleurs (très nombreuses) incroyablement riches.

On aimerait alors pouvoir dire que Man Machine Interface est une œuvre profonde mais incomprise, que l'ultime jaillissement mêlant délires graphiques, annonces visionnaires sur les évolutions technologiques et philosophies bouddhistes, est absolument gigantesque. On aimerait. Mais la sensation prégnante est que Masamune Shirow a écris Man Machine Interface pour lui, et uniquement pour lui.

Nathanaël Bouton-Drouard




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