GANTZ PERFECT EDITION T.1
Japon - 2000/2001
Image de « Gantz Perfect Edition T.1 »
Dessinateur : Hiroya Oku
Scenariste : Hiroya Oku
Nombre de pages : 440 pages
Distributeur : Tonkam
Date de sortie : 5 juillet 2017
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Gantz Perfect Edition T.1 »
portoflio
LE PITCH
Kei et Masaru, deux anciens amis de primaire, sont écrasés par un train après avoir sauvé un ivrogne tombé sur une voie... Ils ont néanmoins la surprise de se réveiller dans un appartement inconnu, entourés d’autres personnes ayant également connu la mort. Là, une étrange sphère noire appelée « Gantz » ordonne à tout le groupe d’éliminer un certain « homme poireau ». Une mystérieuse lutte commence alors !
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la chasse est ouverte

Série imposante de 37 volumes vendue à des millions d'exemplaires, dérivée en animé, deux long métrages, deux romans et un jeu vidéo, Gantz a marqué les années 2000. Alors que son spin-off, Gantz : G (3 tomes) dessiné par Keita Izuka, sort ces jours-ci, la série originale revient sous la forme d'une Perfect Edition en 18 volumes.

Un véritable carton de l'édition en France aussi où le manga d'Hiroya Oku (Last Hero Inuyashiki) a largement trouvé son public, fasciné par son utilisation maitrisée des modèles 3D, ses débordements de violence et... ses fantasmes sexuels largement étalés de pages en pages. Car oui dans Gantz, ce qui peut frapper d'emblée les nouveaux lecteurs est la tendance du récit à s'échapper vers quelques débordements gores bien craspecs, mais surtout une nette propension aux scènes de nudité totalement gratuites. Cadrages sur les postérieurs de la très jolie Kei, illustrations inutilement sexys, apparitions de poitrines s'échappant du corsage, voilà un aspect relativement vulgaire qui casse souvent l'ambiance et qui, même s'ils rejoignent certaines thématiques de l'œuvre, finissent finalement par donner une mauvaise image de Gantz. Un titre qui pourtant mérite l'attention, se déflorant lentement, prenant son temps pour imposer son univers et surtout entrainer son récit vers des rives plus matures et plus complexes. Le premier volume réunis ici donc (plus de 400 pages) repose encore sur une mécanique efficace, mais assez directe et, disons-le, en apparence commerciale.

 

première cibles


Des personnes d'horizons divers réunis et censées être décédées, sont lancés dans un jeu meurtrier de chasse à l'alien, sans vraiment en connaitre les aboutissants. Kei (le garçon) et ses camarades du moment vont découvrir par la douleur que le garçon - poireaux n'a rien d'un petit original mais surtout que l'équipement disposé par une étrange boule noire est le seul moyen de survivre au carnage. Un départ à La Quatrième dimension en mode musclé qui se transforme rapidement en manga tranchant, mais qui surtout en jouant sur la proximité du monde réel, distille déjà un regard fataliste sur celui-ci, souvent décrit comme plus dangereux encore. Hiroya Oku n'y va pas par quatre chemins lorsqu'il décrit ses contemporains : égoïstes, brutaux, corrompus, matérialistes... Finalement c'est bel et bien au travers du « jeu », aussi absurde soit-il, que Kei va découvrir un vrai sens à la vie, et à la mort. Et bien souvent dans Gantz les héros d'un jour ne le restent pas forcément longtemps.

En 2000, Hiroya Oku n'en est pas à son coup d'essai, sort du succès (local) qu'est Hen (21 tomes) et maitrise parfaitement sa narration, autant dans l'installation d'une tension constamment palpable, que les explosions d'actions découpées avec vivacité. Le trait n'est pas toujours aussi pointu qu'il le sera à la fin de la série, mais le réalisme des décors et des éléments SF (crée avec un logiciel 3D) marquent déjà la rétine, tandis que les différents personnages sont parfaitement définis et expressifs. Le style est déjà là et la mythologie générale de Gantz ne commence que doucement à s'installer, et au-delà des popotins rebondis, le titre vaut qu'on y revienne.

Nathanaël Bouton-Drouard


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