CES JOURS QUI DISPARAISSENT
France - 2017
Image de « Ces jours qui disparaissent »
Dessinateur : Timothé Le Boucher
Scenariste : Timothé Le Boucher
Nombre de pages : 192 pages
Distributeur : Glénat
Date de sortie : 13 septembre 2017
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Ces jours qui disparaissent »
portoflio
LE PITCH
Que feriez-vous si d’un coup vous vous aperceviez que vous ne vivez plus qu’un jour sur deux ? C’est ce qui arrive à Lubin Maréchal, un jeune homme d’une vingtaine d’années qui, sans qu’il n’en ait le moindre souvenir, se réveille chaque matin alors qu’un jour entier vient de s’écouler. Il découvre alors que pendant ces absences, une autre personnalité prend possession de son corps. Un autre lui-même avec un caractère bien différent du sien, menant une vie qui n’a r...
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la fin des jours

Seulement deux albums déjà publiés, Les Vestiaires et Skins Party et déjà Timothé Le Boucher à imposé sa marque de (jeune) auteur, entre un trait presque flottant, excessivement léger, et des sujets aussi graves que brillamment amenés. Avec Ces jours qui disparaissent, l'artiste garde le quotidien en ligne de mire, mais le malmène par une bonne dose d'étrange.

Manifestement très marqué par l'esthétique des anime japonais, entre les productions Ghibli et Yoshiyuki Sadamoto (Nadia et le secret de l'eau bleu), Timothé Le Boucher manie déjà une approche graphique assez atypique où la liberté séquentielle du manga vient se marier joliment avec un réalisme léger plus proche de l'occident. Ses personnages, totalement étrangers aux moindres stéréotypes, bougent, vivent, discutent, s'amusent, vibrent avec une crédibilité immédiate. Une crédibilité nécessaire à un récit déroutant dans lequel Lubin, se rend compte qu'un jour sur deux disparaissent de sa mémoire. Construit au départ comme un thriller, puis comme une étude de caractère lorsque les deux versants du héros apprennent à cohabiter, Ces jours qui disparaissent va peu à peu flotter vers le conte tragique, la chronique amère et poétique. Il y a quelque chose du mélodrame façon L'Etrange histoire de Benjamin Button... et ce n'est pas un petit compliment !

 

effeuillage


Extrêmement généreux et chaleureux dans son exploration de la destiné perturbée de Lubin, Le Boucher lui donne véritablement une vie propre, à lui et ses amis, sa famille, son histoire d'amour, entrainant progressivement le lecteur dans l'accélération vertigineuse du phénomène. C'est que, maline, la narration même de l'album de donnera à voir « l'autre » que par le biais d'écrans interposés (les deux échangent par vidéos) ou par les récits des témoins, enchainant alors autant d'ellipses que de journées disparues. Tour à tour joyeux, amusant, souriant, mais le plus souvent déchirant Ces jours qui disparaissent peut alors se lire comme un exercice de style pointu, une petite prouesse du 9ème art, mais aussi comme une réflexion tout aussi profonde sur l'identité de tout un chacun. Le premier est un gentil rêveur, acrobate de cirque, un peu en marge de la société ; le second devient rapidement un entrepreneur de talent, modèle de réussite et force de caractère qui va fonder une famille "comme il faut". Une dualité dans l'air du temps, métaphorique comme il se doit mais jamais lourdement imposée, dont on ne peut s'empêcher de voir la préférence de l'auteur se refléter dans les yeux de la jolie rouquine Tamara, pure love story, qui insufflent une force romanesque indéniable... Jusqu'au dernière pages, puissament mélancoliques. Narrateur hors pair, illustrateur imprégné de fausse simplicité, Timothé Le Boucher signe avec Ces jours qui disparaissent une œuvre marquante.

Nathanaël Bouton-Drouard


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