THE WITCHER T.1 : LA MALéDICTION DES CORBEAUX
The Witcher: Curse of Crows #1-4 - Etats-Unis - 2016
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Dessinateur : Piotr Kowalski
Nombre de pages : 128 pages
Distributeur : Urban Comics
Date de sortie : 3 novembre 2017
Bande dessinnée : note
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LE PITCH
Le désormais célèbre Sorceleur Geralt de Riv est maintenant sur les traces d’une redoutable Strige. Sur la route, il profite de différentes missions locales pour parfaire la formation de sa fille adoptive, Ciri, à sa dangereuse profession.
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l'héritage maudit

Née en 1986 sous la plume de Andrzej Sapkowski, La Saga du Sorceleur a, depuis, fait l'objet de plusieurs adaptations vidéoludiques non seulement réussies et fidèles à l'œuvre littéraire mais qui en plus en prolongent l'univers. C'est le cas aussi, depuis 2014, de plusieurs comics scénarisés par Paul Tobin et que Urban décide aujourd'hui d'éditer dans la langue de Molière.

Geralt de Riv est un sorceleur, sorte de sorcier mutant rompu à nombres de techniques de combat, tant martiales que magiques. Comme tous ceux de sa caste, il met ses talents à la portée des plus offrants afin de les débarrasser des menaces bien souvent monstrueuses qui sourdent dans un monde en proie aux ténèbres. Après de nombreuses aventures, Geralt se retrouve embarqué avec Ciri, sa fille adoptive, sorceleur comme lui, dans la traque d'une Strige, redoutable créature à la force herculéenne.
La Strige est à l'origine une jeune fille qu'une malédiction familiale a condamnée à la métamorphose et qui devient, au fil du temps, extrêmement dangereuse. Ce scénario, signé Paul Tobin (lauréat d'un prix Eisner en 2013 pour son comics Bandette), est une suite d'une des plusieurs fins possibles du jeu vidéo The Witcher 3. Au travers de cette histoire, Tobin met en parallèle l'héritage de sorceleur de Ciri et celui de cette jeune fille transformée en monstre tout en mettant sur la route des deux héros, comme une extension au jeu vidéo, quelques missions secondaires de moindre importance. Au dessin, Piotr Kowalski (de plus en plus spécialisé dans les comics adaptés de romans ou de jeux vidéo : La Tour Sombre, Dark Souls...) choisit le style réaliste, encore une fois proche des jeux, et livre des planches pas dénuées d'attraits mais relativement prisonnières, comme le scénario de Tobin d'ailleurs, du cahier des charges semble-t-il conséquent dû à la franchise.
Ainsi, les trois quarts de l'ouvrage sont consacrés à plusieurs enquêtes demandant énormément de dialogues à l'intérieur de scènes relativement statiques. Pas gênant en soi mais très déceptif au sein d'un univers aussi foisonnant que celui de The Witcher et à qui le support dessiné aurait tant à offrir. D'autant que le lecteur y croise tout de même quelques créatures (Troll, Strige...) à l'aspect réussi mais dont les quelques apparitions ne réservent absolument aucune scène (ou dessin donc) susceptible de rester durablement graver sur la rétine. Et ce n'est pas l'apparition de quelques jolis corps nus, ici ou là, qui y change quoi que ce soit.
Au sortir de la lecture, une sensation de fadeur subsiste, l'impression d'être passé à côté de quelque chose. Sentiment presque logique lorsque l'on sait à quel point cette œuvre possède dorénavant un univers gigantesque, disponible sur plusieurs mediums, et donc possiblement synonyme d'hermétisme pour ses néophytes.

 

univers tentaculaire


A ceux qui n'auraient pas encore pris la peine de se pencher sur l'univers de The Witcher, bon courage ! Car des deux mediums (jeux vidéo, comics) sur lesquels il a été adapté, seul le jeu vidéo bénéficie aujourd'hui d'une sortie systématique dans nos contrées. Les livres, nouvelles et romans matriciels étant eux-mêmes encore aujourd'hui, pour certains, inédits chez nous ; la maison d'édition Bragelonne (et son sous-groupe Milady) ayant préféré les sortir dans l'ordre diégétique (chronologique par rapport à l'histoire) plutôt que dans l'ordre où ils ont été écrits (remercions d'ailleurs le ciel que l'éditeur, aussi détenteur de l'œuvre d'un certain barbare né au Texas, n'ait jamais eu cette idée le concernant). Côté comics, les aventures de Geralt de Riv n'ont pas eu plus de chance, puisque ce La Malédiction des corbeaux édité aujourd'hui par Urban et portant pourtant un très visible n°1 sur sa tranche (étonnant de la part d'un éditeur souvent habitué à une certaine exhaustivité), est en fait le troisième volume (après The Witcher: House of Glass sorti en 2014 et The Witcher: Fox Children datant de 2015) d'une saga en images dont chaque série d'aventures peut aussi bien être un scénario original, s'appuyer sur un élément des romans ou bien encore être l'extension d'un des trois jeux vidéo sortis à ce jour.

Un casse-tête dont les fans de la première heure doivent être aujourd'hui spécialistes mais qui peut facilement décourager ceux souhaitant s'y mettre et qui pourra donc tout logiquement trouver un écho dans la découverte de La Malédiction des Corbeaux. D'autant que l'œuvre semble s'être émancipée de son créateur depuis bien longtemps, les romans âgés maintenant de plus de 30 ans passant largement derrière les bases écrites dans les scénarii des jeux vidéo. Et sans compter une prochaine adaptation en série TV (sur la plateforme Netflix) prévue pour l'année prochaine. Bref, pas simple de tout suivre. Mais on n'a pas fini d'en parler...

Laurent Valentin




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