MARIE DES DRAGONS T1 : ARMANCE
France - 2009
Image de « Marie des Dragons T1 : Armance »
Dessinateur : Thierry Demarez
Scenariste : Ange
Nombre de pages : 55 pages
Distributeur : Soleil
Date de sortie : 28 octobre 2009
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Marie des Dragons T1 : Armance »
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LE PITCH
Marie a 12 ans quand elle retrouve son village détruit, ses parents assassinés, ses frères et sœurs réduits en esclavage. Elle fuit... jurant, un jour, de se venger. Quinze ans plus tard... Marie est une guerrière qui vend ses talents aux plus offrants. Avec son ami et frère de sang, William, un mercenaire, elle combat les “Dragons” des créatures étranges, qui se meuvent aux frontières de la réalité, et dont elle est la seule à percevoir l’existence, et à pouvoir les affr...
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Chanson de geste

Souvent confortées dans des rôles de créatures de rêve fantasques et naïves, les héroïnes de BD françaises ne prennent que trop rarement les armes. Heureusement, bardée dans une armure qui ne cache aucun de ses charmes, ni sa volonté de fer, Marie entame une quête qui ne devrait en laisser aucun de marbre.

L'Heroic Fantasy, la BD française connaît. Le duo de scénaristes Ange (Anne et Gérard) aussi. Et pour cause, outre une série de romans et des débuts remarqués dans le monde du jeu de rôle, ils sont à l'origine de la série à succès La Geste des chevaliers dragons. Une vision relativement classique du genre, duquel ils se détachent aujourd'hui avec Marie des Dragons. Car en premier lieu, de dragons il en est surtout question ici sous la forme de créatures démoniaques, semblant venir d'une autre dimension. Entre des visions fantasmatiques et des plus Lovecraftiennes, l'idée de Fantasy s'approche plus de ses aspects les plus sombres que de l'habituel bestiaire de petites gens. A ces inquiétantes créatures que discerne la jolie Marie dans un état second, il faut ajouter une étrange secte cabalistique, un ordre de chevaliers proche des templiers et la question des mondes parallèles qui pointe le bout de son nez. Un arrière plan étonnant pour un album qui pourtant ancre son récit dans une réalité médiévale des plus réalistes. Justement les créatures ne courent pas les rues, et la gironde Marie est surtout connue pour les occire avec passion.

Medieval Lost

Marie est une guerrière moderne, libre et sexy qui fait en grande partie le charme de ce premier volume, créature vengeresse et charnelle. Du drame de son enfance à sa recherche désespérée de ses frères et sœurs enlevés par des seigneurs de guerre en passant par la prophétie qui l'entoure, la demoiselle fait bonne figure. En soi, les péripéties n'ont cependant rien de véritablement original, mais le talent d'écriture du duo, la justesse des dialogues et la mise en place habile d'une future grande saga happe immédiatement le lecteur. Les créateurs citent volontiers le mythique Thorgal, et il faut reconnaître que l'on retrouve ici la même force populaire et un esprit feuilleton tout aussi accrocheur. Une œuvre pleine de promesses qui distille avec parcimonie ses atours, et page après page ses mystères se font plus nombreux et plus évocateurs. A ce titre, il ne faudrait pas oublier le travail inattendu de Thierry Demarez (Le Dernier Troyen, La Geste des Chevaliers Dragons), artiste jusqu'ici assez inégal, mais qui trouve avec Marie des Dragons une énergie nouvelle. Un trait fin et gracieux dont justement la faculté à retranscrire l'esprit d'une époque tout en le rendant d'une certaine façon « magique », paraît clairement marcher sur les pas d'un certains Rosinski... dessinateur de Thorgal justement. Une belle filiation qui n'écrase en rien le résultat final.
Nathanaël Bouton-Drouard


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