LEGENDERRY: GREEN HORNET
Legenderry: Green Hornet #1-5 - Etats-Unis - 2015
Image de « Legenderry: Green Hornet »
Dessinateur : Brent Peeples
Scenariste : Daryl Gregory
Nombre de pages : 128 pages
Distributeur : Graph Zeppelin
Date de sortie : 10 avril 2018
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Legenderry: Green Hornet »
portoflio
LE PITCH
Big City, dans les terres alternatives de Legenderry. Britt Reid, alias le Frelon Vert, et son ami et majordome Kato se retrouvent impliqués dans une guerre des gangs initiée par un garçon d’une dizaine d’années se faisant appeler « Le Petit Prince du Crime ». Mais, dans l’ombre, d’autres forces telles que le Frelon Rouge et la Dame Voilée semblent tirer les ficelles...
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comic à vapeur

Après Bill Willingham (Fables) et Mark Andreyko (Torso, avec Brian Michael Bendis, et Manhunter pour DC Comics), c'est au tour du romancier Daryl Gregory de passer les héros de serials de l'écurie Dynamite à la moulinette steampunk. Pour un résultat malheureusement en demi-teintes.

Initiée en 2015 pour capitaliser à la fois sur la mode steampunk, sur le succès de la série 1602 chez Marvel et un impressionnant catalogue de personnages rétros (Le Frelon Vert donc, mais aussi The Phantom, Red Sonja, Tarzan, Zorro, Flash Gordon et j'en passe), la ligne Legenderry n'a pas vraiment eu le succès escompté. Seulement trois titres en un an (le dernier étant celui qui nous intéresse aujourd'hui) et aucune nouvelle annonce à l'horizon. Il faut bien avouer que le concept a de quoi laisser perplexe. A savoir, faire du neuf avec du vieux ... tout en rajoutant une couche de vieux. Si Dynamite souhaitait faire connaître à un jeune lectorat des héros souvent perçus (à tort) comme désuets, il eut sans doute été plus judicieux de les moderniser au lieu de les ramener à l'ère victorienne. Par défaut, Legenderry s'adresse donc à un public d'initiés.
Et ne comptez pas sur Daryl Gregory pour s'attarder sur les origines ou la psychologie du duo Britt Reid / Kato. Un conseil, replongez dans la série avec Van Williams et Bruce Lee (le premier qui me cite le machin de Michel Gondry, je me fâche tout rouge) avant d'ouvrir le présent volume sous peine de rester hermétiques aux aventures de ces super-héros se faisant passer pour des criminels (à moins que ce ne soit le contraire). Simple et dynamique, l'intrigue est menée sans le moindre temps mort et certaines références font mouche, notamment le méchant Tik-Tok, échappé du Magicien d'Oz (et dont le design reprend fidèlement celui imaginé pour l'excellent film de 1985 réalisé par Walter Murch, Return to Oz) ainsi qu'une hilarante traversée nocturne de Big City à la façon des Guerriers de la Nuit de Walter Hill.

 

vintage mais pas trop


Le problème, c'est que cette mouture du Frelon Vert manque cruellement d'originalité et d'âme. Si le duo Frelon Rouge/Chesterfield joue plutôt finement avec les conventions du genre (la dynamique héros/sidekick et milliardaire/majordome est inversée), les motivations qui les animent sont d'une banalité affligeante (la vengeance et le goût du risque, et c'est tout ?). Plus grave encore, les antagonistes semblent avoir été improvisés de bout en bout. La Dame Voilée navigue à vue entre la femme fatale de base et la figure tragique, les hommes de main de Tik Tok sont à peine esquissés, le Petit Prince du Crime ne sert finalement pas à grand-chose et le super méchant caché de la mort qui tue est en fait un démon dévoreur d'âmes assez pathétique.

Ces pannes d'inspiration que certains tenteraient de faire passer pour des « hommages » aux serials d'antan ne sont pas vraiment compensées par une facture artistique transcendante. Enième héritier du « style » Michael Turner, Brent Peeples livre ses planches en pilotage automatique et privilégie les traits un peu trop parfaits de ses personnages ainsi que des compositions sans saveur au détriment du décorum (que c'est fade et peu détaillé !), en totale contradiction avec le style steampunk. Quant au coloriste Michael Bartolo, on remarquera poliment qu'il a appris à se servir d'une palette graphique (sans trop se poser de questions). L'amateur de belles choses devra ici se contenter des couvertures alternatives compilées dans les dernières pages (mention spéciale à Cédric Poulat). L'épilogue prend des grands airs et annonce une suite. Les p'tits gars de chez Dynamite ne nous en voudrons pas de l'attendre très patiemment.

Alan Wilson




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