THE PROMISED NEVERLAND T.1
Yakusoku No Neverland - Japon - 2016
Image de « The Promised Neverland T.1 »
Dessinateur : Posuka Demizu
Scenariste : Kaiu Shirai
Nombre de pages : 192 pages
Distributeur : Kazé
Date de sortie : 25 avril 2018
Bande dessinnée : note
Jaquette de « The Promised Neverland T.1 »
portoflio
LE PITCH
Emma, Norman et Ray coulent des jours heureux à l’orphelinat Grace Field House. Entourés de leurs petits frères et sœurs, ils s’épanouissent sous l’attention pleine de tendresse de “Maman”, qu’ils considèrent comme leur véritable mère. Mais tout bascule le soir où ils découvrent l’abominable réalité qui se cache derrière la façade de leur vie paisible ! Ils doivent s’échapper, c’est une question de vie ou de mort !
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New Breed

Première série, ou tout comme, pour deux jeunes auteurs, The Promised Neverland est pourtant déjà une série phénomène au Japon, nominée pour de nombreux prix, et trônant fièrement aux cotés de One Piece ou HxH dans les pages de Weekly Shonen Jump. En France la série débarque chez Kazé, et immédiatement les raisons du succès ne font plus de mystères.

Forcément, la série a ce petit quelque chose totalement dans l'air du temps, cette situation cathartique qui plonge quelques gamins dans une situation les poussant à la survie, à l'élucidation d'un mystère, tout en préservant leur camaraderie et un regard optimiste sur l'avenir. Les mangas cultivent depuis quelques années déjà ces thématiques cycliques, mais plutôt que de plomber la lecture de The Promised Neverland, cette appartenance en souligne presque mieux encore les nombreuses qualités. Le scénario de Kaiu Shirai utilise quelques préceptes et codes rabattus ? Certes mais il le fait avec une vraie intelligence et une, trop rare, économie dans sa structure. Là où beaucoup se perdent dans des dialogues ressassant les valeurs morale et philosophique de ses héros, Shirai n'a qu'à se servir d'une superbe introduction, montrant par les yeux d'Emma le petit paradis dans lequel elle a grandi aux cotés de Norman, Ray et les autres petits orphelins, avant de renverser cette légèreté enfantine tout en délicatesse par une révélation sordide, cruelle et glaciale.

 

Les Innocents


La nature des personnages est établie, leurs qualités tout autant, et le duel psychologique et mortel avec celle qu'ils considéraient comme leur mère adoptive est engagé. Là non plus, pas besoin de sensationnalisme, les pièces avancent lentement mais efficacement, l'illustratrice Posuka Demizu se chargeant d'installer une atmosphère oppressante, une tension constante, à base de décadrages et de jeux tortueux sur les expressions de certains visages. Tout ici est un mensonge, aux proportions dont le lecteur ne mesure pas encore tout la portée (bien que les créatures échappées du Village donnent quelques indices), mais les découvertes, les twists et les révélations tragiques ne se font que par le biais des trois héros. Un premier volume parfaitement maitrisé, d'une maturité étonnante dans sa narration sans temps morts, et qui accroche d'emblée, rappelant par l'aspect isolé de l'orphelinat une version pour mineurs de la série culte du Prisonnier, et plus récemment, par les manipulations dont ces derniers son victimes, le manga historique et sadique Le Couvent des damnés. Si les volumes suivants sont du même acabit, The Promised Neverland a de grandes chances de devenir un classique du genre, un incontournable.

Nathanaël Bouton-Drouard


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