SANDMAN TOME 9 - LES BIENVEILLANTES
Sandman Volume 9 - The Kindly Ones - Etats-Unis - 1996
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Scenariste : Neil Gaiman
Nombre de pages : 352 pages
Distributeur : Panini Comics
Date de sortie : 10 novembre 2008
Bande dessinnée : note
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LE PITCH
Dans ce volume Sandman voit son domaine envahi par les spectres de la vengeance libérés par Lyta Hall, persuadée de la responsabilité de Morphée dans l’enlèvement et la mort présumée de son fils. Le Maître des rêves va se voir contraint à un sacrifice qui le transformera pour toujours.
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Toute la beauté du monde
Le chemin aura été long, mais on va bien finir par l'avoir notre intégrale de Sandman. Après un bref passage chez Le Téméraire, puis un début de constitution de collection chez Delcourt, c'est à Panini Comics que revient l'honneur d'achever la série. En attendant un dixième tome nostalgique, la fin du rêve (ou le début d'un nouveau) est entièrement contenue dans un tome 9 volumineux. Indispensable comme toujours.

Ouvrir un volume de Sandman, c'est un peu comme découvrir le Saint Graal à chaque fois, comme entrer dans un nouveau restaurant, comme se replonger dans le plus beau des rêves, comme revenir sur les lieux de son enfance, comme découvrir qu'Orson Welles avait fait mieux que Citizen Kane...C'est une expérience incroyable. Tout simplement. Malheureusement, celle-ci touche à sa fin. Car oui, le neuvième tome de Sandman est bien le chapitre final de la vie du maître des rêves, du marchand de sable. Les deux suivants (le 11ème étant déjà disponible chez Delcourt) seront alors consacrés à des récits plus éclatés en forme d'anthologie. Ce lourd pavé est donc l'aboutissement de cinq ans de la vie d'un scénariste, Neil Gaiman, dont le talant ne cesse de nous surprendre volume après volume. Car jusque là oui, chacun des chapitres pouvait être lu séparément, comme un conte étonnant où le seul point commun était la présence plus ou moins prononcée de Dream et de ses frères et sœurs (Mort, Delirum...), des entités presque aussi vieilles que le monde. C'est justement cela qui surprend le plus ici, l'impression indélébile que Gaiman avait tout prévu depuis le début. Car au-delà du retour de nombreux personnages, tous impliqués dans la tragédie à venir (pas de spoiler, c'est une évidence), chaque ingrédient doucement disséminé dans les tonnes de pages précédentes font désormais sens, en particulier dans l'évolution même de son personnage principal, ici plus mélancolique que jamais.

Parce que tout a une fin

Il faut croire que son rapprochement, au départ forcé, avec les hommes l'ont irrémédiablement changé. Sans compter sur ses rapports houleux, mais bizarrement tendres avec un fils longtemps renié (et décapité) qu'il a achevé dans un dernier geste de merci. Du coup la malédiction des Bienveillantes ne paraît pas si terrible, et cette subtile mise en place finale dévoile un destin que Dream choisit d'embrasser chaleureusement. L'auteur de Neverwhere, Stardust ou Coraline achève donc sa plus grande œuvre (on ne va pas refaire le listing de tous les prix reçus) avec une élégance rare et une étrange joie douce et sincère que viennent appuyer les nombreux artistes invités, par des styles presque cartoon et colorés. Avec sa signature inimitable, entre littérature poétique et graphic novel ultra stylisé, Sandman se montre toujours aussi prompt à la rêverie, à l'évocation de la condition humaine et à la beauté de son existence éphémère. Proust n'est jamais très loin, Byron non plus, mais en tout cas Gaiman est sans aucun doute l'un des plus grands écrivains de notre histoire et Sandman est son chef-d'œuvre. Et c'est peu de le dire.
Nathanaël Bouton-Drouard


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