BLACK SUMMER
USA - 2008
Image de « Black Summer »
Dessinateur : Juan Jose Ryp
Scenariste : Warren Ellis
Nombre de pages : 192 pages
Distributeur : Milady
Date de sortie : 20 novembre 2009
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Black Summer »
portoflio
LE PITCH
Quand on combat pour le Bien, jusqu'où peut-on aller ? Les Sept Armes combattent la corruption dans la rue. Mais la lutte est inégale et le champ de bataille, infini. John Horus sait ce qui est bon pour vous. Et il est déterminé à faire le Bien, que vous le vouliez ou non... quitte à plonger le pays dans le chaos. Le président va l'apprendre à ses dépens...
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Bloody season

Même si les deux majors se sont depuis quelques années laissées entraîner dans des relectures plus adultes de leurs mythes modernes, les auteurs de comics doivent souvent se rendre chez de plus petits éditeurs pour déboîter sans limites leurs idées les plus déjantées, voire perturbantes. Warren Ellis chez Avatar Press, il n'y a rien de plus logique.

 

L'éditeur fait bien de comparer Black Summer à Watchmen sur sa quatrième de couverture. Non pas que les deux titres soient de qualité équivalente (peu ont le droit de se vanter d'atteindre les sommets d'Alan Moore), mais tout simplement parce que depuis belle lurette, Warren Ellis s'est imposé comme l'un des descendants d'Alan Moore les plus crédibles. Car malgré son statut d'urgentiste pour séries en perte de vitesse, Ellis est aussi le concepteur de nombreux comics qui ont fait date : Planetary, Transmetropolitan et bien évidement, Authority. Ce dernier n'était d'ailleurs ni plus ni moins qu'une extension non officielle des Watchmen dans lequel un groupe de super-héros réalistes et revendicateurs (disons-le limite gaucho révolutionnaires) n'hésitent plus à envoyer les dirigeants du monde se faire voir ailleurs. Quelques années plus tard, Ellis profite de la liberté offerte par la boîte d'édition Avatar pour poursuivre son œuvre en créant un équivalent sous le nom des Sept Armes. Une fois encore, ils sont parfaitement ancrés dans le monde actuel, une fois encore ils baladent quelques jolis troubles psychiatriques et surtout, ils ont la fâcheuse habitude d'envoyer bouler eux aussi l'ordre établi.

 

Justice league of paranoiaks

 

Le groupe comprend en l'occurrence John Horrus, persuadé d'avoir été trompé quant aux véritables causes du 11 septembre, et qui étripe presque en direct le président américain et exige de nouvelles élection. Aucun doute sur les intentions d'Ellis et son mépris flagrant de l'administration Bush... L'acte du vigilante oblige les autres membres à ressortir de l'ombre et à découvrir les vrais raisons de leur création. Black Summer est un comics politique certes, mais qui montre aussi la gniak d'un auteur toujours prompt à plonger ses ouailles dans le chaos le plus sanglant. Entre remise en question et décryptage des manipulations made in USA, le british vindicatif programme un carnage global à grands coups de tripaille et de décapitations. Des débordements que maîtrisent à la perfection l'illustrateur Juan Jose Ryp  (Frank Miller's Robocop, No Hero), affichant un souci du détail presque trop généreux. Jamais très loin de Frank Quitely (et c'est un énorme compliment), il travaille des personnages particulièrement expressifs et vivants (avant de mourir démembrés), et surtout dynamite la mise en page à l'aide de pin-ups gores et d'idées spectaculaires. Comics musclé et rentre-dans-le-lard, Black Summer n'a en soi pas grand-chose de nouveau à offrir (pour peu que l'on soit déjà fan d'Ellis et de Moore), mais la lecture donne un sacré coup de fouet.

Nathanaël Bouton-Drouard


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