HELLBOY & B.P.R.D. T.4 : 1955
Hellboy and the B.P.R.D. 1955 : Secret Nature, Occult Intelligence, Burning Season - Etats-Unis - 2017/2018
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Nombre de pages : 144 pages
Distributeur : Delcourt
Date de sortie : 16 janvier 2019
Bande dessinnée : note
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LE PITCH
1955. Hellboy rencontre des prédateurs invisibles, des cas de combustion spontanée et une arme étrange située au cœur d’une base de l’Air Force qui est en réalité bien plus qu’elle ne paraît. Le démon cornu poursuit son apprentissage au sein du B.P.R.D. en accomplissant ces premières missions qui vont forger l’enquêteur du paranormal hors-pair qu’il deviendra par la suite.
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c'est en forgeant qu'on devient démon

Alors que se profile pour mai prochain une nouvelle version cinématographique, peu attirante il faut l'avouer, le destin de Hellboy se poursuit en comics. Retour à la collection Hellboy & B.P.R.D qui par le biais d'album anthologique conte les premières enquêtes du fils du diable dans un après guerre qui ressemble de plus en plus à une Guerre Froide...

Bien entendu que Mike Mignola a achevé la grande saga principale de son personnage il y a longtemps déjà, lui offrant une fin bien méritée et plus que concluante, mais l'auteur ne pouvait en rester là et n'arrête pas depuis d'engager quelques collègues pour venir étoffer encore et toujours un univers déjà particulièrement vaste. S'il est crédité comme scénariste de ce nouveau volume, entièrement concentré sur l'année 1955 comme le stipule le titre, Mike Mignola fait surtout office d'imminence grise, indiquant la direction et la teneur des scripts à Chris Roberson (iZombie) qui lui a la lourde charge de leur donner forme. L'esprit Hellboy reste bien entendu intacte, et le coscénariste se montre encore une fois tout à fait capable de retrouver le ton, l'humour et l'énergie d'un petit monde qui a déjà dépassé la vingtaine d'années. Ca ne date pas d'hier, et cela commence parfois à se sentir, non pas parce que la série proposée ici perd pied avec son époque où montre des moments de fatigue, mais parce que sont contenu ne peut que difficilement être approché par les nouveaux venus. Une messe noire qui tourne mal dans un coin paumé de l'Oregon, une terre séculaire trop gorgée de violence qui enchaine les combustions spontanées... Si les enquêtes qui ouvrent et ferment l'album, Nature secrète et Saison incendiaire, incarnent cette immédiateté surnaturelle des débuts, mélange de mythes connus, de relectures métaphoriques (la belle Amérique née dans le sang et toujours aussi raciste) et d'une bonne dose de castagne cigare au bec, l'aventure centrale Intelligence occulte est une autre paire de manche.

 

retour de flamme


Trois trames distinctes s'y écoulent en parallèle avec d'un coté Susan Xiang qui a accès à de nouvelles visions d'un futur proche apocalyptique, le Professeur Trevor Bruttenholm qui découvre que le Royaume-Uni a aussi son agence paranormale et enfin Hellboy et ses collègues du moment qui font face à une tortue géante sur une base américaine non loin de quelques essais nucléaires. On reconnait là un petit détournement réussi des fameux Kaiju-eiga japonais, et en particulier un croisement mutant entre Godzilla et Gamera, mais le tableau global tend largement plus vers l'introduction à une affaire d'espionnage avec une multiplication de personnages secondaires, souvent agents d'un groupe obscure, et un déluge de références aux albums précédents. Plutôt évident lorsqu'on découvre quelques conséquences d'un précédent Hellboy & B.P.R.D. T2, plus compliqué lorsqu'il faut s'embarquer sur les traces des volumes de B.P.R.D. Origins, The Witchfinder ou les séries principales Hellboy et B.P.R.D. L'Enfer sur terre. Raison et conséquences ne sont pas toujours évidentes et réservent clairement l'album 1955 aux plus fidèles lecteurs qui d'ailleurs se sont fait depuis longtemps au turn over d'artiste laissant de coté les planches sculptées de Mike Mignola. Le choix du trio en présence est une fois encore tout à fait appréciable avec un Shawn Martinbrough (Le Maitre voleur) assez sombre et atmosphérique, un Paolo Rivera (Daredevil) précis et réaliste et surtout le Brian Churilla de Big Trouble in Little China qui apporte généreusement sa dynamique pulp et cartoon. Bien entendu, l'admirable Dave Stewart officie toujours aux couleurs et assure la continuité de l'univers Hellboy.

Nathanaël Bouton-Drouard


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