HOT SPACE T.1: CRASH PROGRAM
France - 2018/2019
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Dessinateur : Le Pixx
Scenariste : Le Pixx
Nombre de pages : 80 pages
Distributeur : Kamiti
Date de sortie : 21 février 2019
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Hot Space T.1: Crash Program »
portoflio
LE PITCH
Après un long vol spatial en solitaire, le lieutenant Lohraïa Kovalski est extraite de son hibernation par le pilote automatique de sa navette. Une douche, un café, une clope et elle atterrit au sein du hangar de la base-astéroïde Ouranos. Le colonel Tower l’accueille aussitôt avec un rapide brief sur la mission qui l’attend. Elle va devoir effectuer un vol de reconnaissance de la planète Aoba, sur laquelle l’amirauté craint des activités d’autochtones autonomistes. Une mission ...
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under pressure

Ca sent bon la série B dans la BD française depuis quelques années, comme si la nouvelle génération d'auteurs n'avait plus peur d'assumer ses élans musclés, ses frappes directes et ses scripts visant l'action noire et violente. En provenance du petit éditeur indépendant, mais aux goûts certains Kamiti, voici Hot Space virée SF hard boiled et premier album signé Le Pixx.

Un artiste connu aussi sous son vrai nom de Pierre Le Pivain, jusqu'ici essentiellement aperçu par le biais de ses couvertures ou de quelques illustrations maisons. Hot Space n'est d'ailleurs pas née dès le départ sur papier, mais bien sur un site internet dédié sur lequel l'auteur a fait découvrir de manière hebdomadaire les planches en noir et blanc. Voici donc la version définitive de l'aventure, colorisée avec soin par Véra Daviet (Miss Deeplane, Drones) qui préserve heureusement toutes les caractéristiques de sa narration brute voir éclatée. L'album débute ici sans gentille introduction, confrontant immédiatement le lecteur et l'héroïne, Lohraïa Kovalski, a un réveil brutal dans un caisson d'hibernation, avant de l'enfermer dans le cockpit d'une navette d'exploration fatiguée rapidement prise pour cible par un missile à tête chercheuse. La vie de madame n'est vraiment pas facile, et les raisons de son enrôlement de force pour une telle mission suicide, tout comme l'identité des mercenaires / agents qui cherchent à l'éliminer ne seront découverts que très progressivement, entre deux balles en pleines tête, un bras arraché, et une baston bien vacharde.

 

another one bites the dust


Avec un casting qui laisse la part belle aux femmes (les hommes sont tous des traitres ou des cadavres) on retrouve forcément la hargne d'un modèle comme Aliens (quelques part entre Ripley et Vasquez), voir même dans cette découverte d'une planète hostile, un soupçon des aventures du massif Riddick. Mais sous cette forte dose d'instinct de survie, et même parfois quelques petites cafouillages dans l'enchainement des évènements, Le Pixx ne se contente pas d'user de son trait énergique, légèrement cartoony et de son découpage vigoureux pour donner corps à son aventure. Il y glisse aussi un arrière-plan qui ne demande qu'à prendre les rênes de l'ensemble : manipulation diplomatique, raison d'état et instrumentalisation des peuples autochtones sont au programme avec une jolie caractérisation au passage de l'énigmatique femme bédouins aux traits félins qui vient en aide à l'héroïne. Un atterrissage forcé bien rock'n roll à déguster, comme son nom l'indique, avec l'album éponyme de Queen, ou tout autre galette 80's figurant la petite bande de Freddie Mercury et la guitare de Brian May. Belle référence pour ce premier tome d'une future trilogie dont on attend, forcément, la suite.

Nathanaël Bouton-Drouard


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