WALKING DEAD T.31: POURRI JUSQU’à L’OS
The Walking Dead #181-186 - Etats-Unis - 2018
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Scenariste : Robert Kirkman
Nombre de pages : 152 pages
Distributeur : Delcourt
Date de sortie : 13 mars 2019
Bande dessinnée : note
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portoflio
LE PITCH
Eugene rapporte le sabre de Michonne à Rick et celui-ci comprend alors qu’elle a choisi de rester au sein du Commonwealth au côté de sa fille. La Gouverneuse Milton arrive à Alexandria et Rick lui fait les honneurs de la visite. Tout semble se dérouler pour le mieux, mais il semble évident que les deux leaders ne partagent pas la même vision quant à la façon de gérer leurs communautés respectives…
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En marche

Plus de quinze ans d'existence et s'approchant doucement, mais sûrement, de son 200ème numéro The Walking Dead, la BD, continue son bonhomme de chemin en parallèle des séries TV et autres romans à succès. Mais le comic de Robert Kirkman a-t-il encore des choses à raconter ? Manifestement oui.

La paix ne dure jamais bien longtemps dans The Walking Dead comme le rappèle non sans humour Yumiko et son amie dans une petite parenthèse lors d'un tour de garde nocturne : « Tu sais comment ça se passe. Les périodes calmes... c'est juste une façon de tuer le temps entre deux horreurs ». Et ces dernières ne vont pas attendre le volume suivant pour se rappeler au bon souvenir de Rick et sa communauté. Toujours aussi habile dans son écriture, tout autant qu'un brin sadique, Kirkman la confronte d'ailleurs à ce rêve inaccessible de retrouver le monde d'avant l'apocalypse. Notre civilisation en somme, représentée ici par la Gouverneuse Milton (aussi flexible que Macron) et de la zone sécurisé du Commonwelth. Boutiques, bars, rues protégées, parcs où jouent les enfants... Un paradis perdu, mais qui bien entendu à un prix, celui de la liberté et de l'égalité. La question est maintenant de savoir qui optera pour le confort facile et le duplicata d'une société capitaliste où les classes aisées écrasent les autres sous couvert d'en assurer la pérennité (ça ne vous rappelle rien ?), et qui défendra coûte que coûte les valeurs égalitaires gagnées durement par la troupe de survivants que l'on suit depuis toujours.

 

le prix de la survie, TTC


Et avec l'auteur du non moins excellent Oblivion Song, les revirements ne sont pas toujours là où on les attend, et ont des conséquences souvent choquantes et irréversibles. Un nouveau volume construit savamment, mettant lentement en place ses pièces, ses enjeux sur fond de vindicte populaire et violente (ça ne vous rappelle rien ?), ses débats houleux avant de renverser la table d'un bon coup dans l'estomac. Si l'ambiance même de la série est beaucoup plus posée et moins scabreuses qu'elle ne l'a été, elle reste toujours aussi tendue, sur le fil, avec cette sensation prégnante qu'aucun personnage n'est à l'abri. Page-turner par excellence comme disent nos amis anglo-saxon, Pourri jusqu'à l'os est toujours aussi admirablement illustré par l'inépuisable Charlie Adlard (épaulé par Stefano Gaudiano) qui prend manifestement beaucoup de plaisir a délaisser un temps les menaces zombies (allez hop une double page et on passe à autre chose), pour s'installer dans un décorum moins sauvage en apparence, entre petite bourgade et citée recomposée. Pour profiter d'un soupçon d'action, il faudra alors se tourner vers une scène d'émeute urbaine découpée avec une belle énergie, mais aussi et surtout vers des échanges verbaux en gros plans, plus que jamais politisés et semblant même parfois s'adresser directement aux lecteurs. Manifestement The Walking Dead a encore beaucoup de choses à nous dire.

Nathanaël Bouton-Drouard




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