VERTIGES NOCTURNES
Nocturno - Argentine - 2009
Image de « Vertiges Nocturnes »
Dessinateur : Salvador Sanz
Scenariste : Salvador Sanz
Nombre de pages : 144 pages
Distributeur : Glénat
Date de sortie : 27 mars 2019
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Vertiges Nocturnes »
portoflio
LE PITCH
Tout commence par le spectacle du magicien Ciempiés, pour lequel Lucio et Lucia vont participer à l’un de ses incroyables tours. À présent, ils souffrent d’une étrange malédiction : la nuit, ils se transforment en oiseaux monstrueux et énormes. Mais ce n’est que le début du plan du mystérieux magicien… Un plan qui les emmènera dans le sud du pays, où Ciempiés prépare son nouveau spectacle : « la fête nationale du rêve », qui projette de plonger toute la ville de Puert...
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nuits blanches

Totalement inconnu en France si ce n'est par une courte apparition sur l'anthologie dédiée à [REC], Salvador Sanz est pourtant un grand nom de la BD latino qui cultive un univers cauchemardesque dont on peut enfin avoir un échantillon avec Vertiges Nocturnes.

Un album disponible en Argentine depuis 2009, sous le nom Nocturno, et qui montrait une précision de son univers et de son style après quelques expérimentations dans le monde de l'animation et un premier volume, Legion, qui a eu les honneurs d'une traduction anglaise du coté d'IDW. Suivant une première compilation de ses illustrations et œuvres de jeunesse (Desfigurado), Vertiges Nocturnes s'apparente donc à un second départ et une œuvre maitresse pour l'illustrateur qui embrasse à bras le corps son approche très particulière du noir et blanc, creusé, précis, presque sculpté même avec des contours aux reliefs palpables. Quelques relents de Richard Corben dans le réalisme obtenu mais avec une nette prépondérance des ténèbres, des ombres et des métamorphoses. Atypiques et particulières, ses planches sont franchement réussies et travaillées, donnant corps à un décor contemporain crédible et réel, mais déjà envahie par une étrangeté inquiétante.

 

dreamcatcher


Manifestement très marqué (comme beaucoup d'autres) par l'œuvre de Lovecraft, mais aussi par tout un pan de la BD japonaise pour adulte, Sanz invoque dans l'album une invasion venue d'ailleurs, d'un monde parallèle peuplé de monstres difformes, vaguement volatiles, bien décidés à remplacer les terriens par leur engeance. Une traversée complexe, mêlée à des préceptes de magie noire, dans laquelle se retrouvent impliqués Lucio et Lucia, dont les corps sont transformés chaque nuit afin de préparer le terrain à une invasion plus globale. Entre menace apocalyptique et poème graphique plus sentimental, Salvador Sanz oscille constamment mêlant dans quelques visions purement horrifiques, des batailles aériennes délirantes et des visions purement fantasmatiques. Une poésie qu'il voudrait plus sensible, plus délicate, voir romantique. Si visuellement l'album est assez impressionnant et en tout cas laisse une impression de maturité, la narration elle, après des premiers chapitres à la mise en place plutôt intrigante, s'échappe vers une succession de révélations un peu bordéliques (qui se contredisent même parfois), une multiplication inutile de personnages accessoires et un débordement presque digne d'un blockbuster dans lequel on a du mal à reconnaitre les voies offertes aux deux jeunes héros. Le plaisir de lecteur de Vertiges Nocturne repose donc essentiellement sur cette sensation de découvrir une partie seulement d'une imagination plus vaste, d'une mythologie plus ample, mais par le biais d'une aventure pas toujours à la hauteur.

Nathanaël Bouton-Drouard


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