SHAZAM CONTRE LA SOCIéTé DES MONSTRES
Shazam ! The Monster Society of Evil #1-4 - Etats-Unis - 2007
Image de « Shazam contre la société des monstres »
Dessinateur : Jeff Smith
Scenariste : Jeff Smith
Nombre de pages : 224 pages
Distributeur : Urban Comics
Date de sortie : 15 mars 2019
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Shazam contre la société des monstres »
portoflio
LE PITCH
Le jeune orphelin Billy Batson voit sa vie bouleversée le jour où un vieux sorcier en quête d'un successeur lui lègue tous ses pouvoirs. Désormais, il n'aura plus qu'à prononcer le mot « Shazam » pour acquérir la force, la vitesse, le courage ou encore la sagesse des plus grands héros de la Grèce antique. Et ses nouvelles capacités surhumaines tombent vraiment à pic, car face aux attaquent simultanées d'alligators et de robots géants, la ville aura bien besoin d'un héros pour la ...
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un éclair de génie

Urban Comics aurait été bien bête de ne pas capitaliser sur la sortie prochaine du long métrage Warner dédié à Shazam. Surtout quand cela permet aux lecteurs de retrouver à tout petit prix (10 euros !) la réinterprétation magique, et inédite, que lui consacra Jeff Smith il y a un peu plus de dix ans.

Et pour ceux qui n'ont pas tiqué à la lecture de son nom, Jeff Smith est loin d'être n'importe qui puisqu'il est le créateur de l'extraordinaire et colossale œuvre Bone, aventure de Fantasy indémodable et légère qui déjà comportait une grande part d'imaginaire enfantin. Projet lancé quelque temps plus tard, la minisérie Shazam contre la société des monstres pourrait ressembler à une abdication de l'auteur de comics indépendants s'il n'avait déclamé des années durant son amour fervent pour le personnage original, tel que crée par C.C. Beck et Bill Parker en 1940 et alors encore appelé Captain Marvel. Et au cours des décennies suivantes, le héros n'a pas simplement perdu son patronyme (au profit de la maison concurrente) mais aussi ses particularités propres de super-héros à l'attention d'un lectorat jeune, maniant aussi bien l'action débridée, le fantastique libre que la comédie espiègle. Un ton que certains pourraient juger désuet aujourd'hui, en particulier dans un paysages constitué essentiellement de comics noirs, violents, cyniquex et le plus souvent pour adultes, mais que Jeff Smith décide de porter aux nues en proposant une réinterprétation chaleureuse des origines du personnage.
Totalement hors continuité (ou hors canon), Shazam contre la société des monstres rejoue donc la découverte du petit Billy Batson de la grotte du magicien qui va lui donner accès à un grand pouvoir en déclamant la fameuse formule magique : Shazam ! Là, le gosse laisse la place dans un éclair tonitruant à un super-héros de rouge vêtu, au physique tout à fait adulte, entité avec qui il partage un lien étroit.

 

mythologie moderne


Et très vite le duo va devoir faire face aux assauts de Mr Mind et sa horde d'animaux parlant, de monstres kitchs et de robots géants, libérés sur le monde terriens suite à une bourde de Billy. De l'action, de l'aventure, du mystère... sans jamais forcer le trait Jeff Smith retrouve l'énergie d'autrefois, redonne toute son importance au tigre Talky Tawny mais aussi et surtout à la frangine Mary Marvel (qui fut la première héroïne à obtenir son propre titre aux USA) qui garde autant son physique de gamine que son caractère turbulent, le tout dans un graphisme gentiment rétro mais constamment fin et dynamique. Une œuvre généreuse, palpitante et emballante qui comme le souligne intelligemment notre éditeur français en le glissant dans la gamme Urban Kids, reste en première ligne à l'attention d'un jeune lectorat qui se réjouira certainement de ses attraits de conte moderne et d'humble divertissement. Mais Smith est un malin et réussit, tout en faisant vibrer la corde de la nostalgie, à intégrer totalement le Shazam des origines dans le monde contemporain afin d'en souligner tout la pertinence. Le besoin d'un symbole de l'émerveillement et de l'imaginaire dans une réalité où Batson et Mary sont des orphelins livrés à eux-mêmes et où le Némésis historique, Dr. Sivana (le savant fou par excellence) devient en tant que nouveau ministre de la justice le symbole d'un pays qui a perdu de vue ses idéaux au profit de la paranoïa, de l'appât du gain et de la peur instrumentalisé des «attaques terroristes». Beau, puissant et malin... C'est tout Shazam ça !

Nathanaël Bouton-Drouard


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