PREDATOR : CHASSEURS
Predator: Hunters #1-5 - Etats-Unis - 2017
Image de « Predator : Chasseurs »
Dessinateur : Francisco Ruiz Velasco
Scenariste : Chris Warner
Nombre de pages : 128 pages
Distributeur : Vestron
Date de sortie : 7 février 2019
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Predator : Chasseurs »
portoflio
LE PITCH
Cela fait des siècles que les êtres qu’on appelle Predators viennent sur notre planète pour chasser l’homme. Le Caporal Enoch Nakai est l’un des rares humaines à leur avoir survécu. Lorsqu’il est recruté par d’autres survivants au sein d’une organisation secrète dédié à la traque des chasseurs extraterrestres descendus sur terre il saisit la chance de pouvoir se venger.
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le démon dans l'île

La licence Predator c'est un peu la marotte de l'éditeur Wetta dont Vestron est le nouveau label, prenant les allures d'un format comic plus souple et plus proche de l'homologue US. Pas étonnant qu'elle revienne en force ici, ouvrant le bal avec le récit complet Chasseurs, publié en 2017 par Dark Horse, soit plusieurs mois avant un The Predator de Shane Black, qui sur un postulat pas si éloigné se viandait méchamment.

D'ailleurs, à l'instar d'un certain Aliens, les licences phares de la Fox s'acclimatent particulièrement bien au medium comics où les différents auteurs et artistes qui œuvrent sur ces titres font preuve presque systématiquement d'une compréhension profonde, et modeste, du matériau original. C'est une fois encore le cas avec la mini série Hunters qui installe une nouvelle organisation dont le but premier est de faire la chasse au predator. Une situation inversée, une autre façon de confronter l'humain à l'échelon supérieur de prédation, qui avec sa troupe de soldats vétérans et un brin perturbés, jouant du muscle et des interjections badass, rappelle clairement certains ingrédients du dernier opus officiel (argh) sur grand écran. Sauf que là où le film de Black joue au plus malin à la fois en maniant un cynisme crispant et en tentant maladroitement d'ajouter un contexte auteurisant, Predator: Chasseurs préfère opter pour une ligne à la fois plus modeste et plus directe. Cela ne veut pas dire que le scénario concocté par Chris Warner est bêtement terre-à-terre, mais plutôt qu'il valorise l'aspect inquiétant et bestiale de la créature, sa rareté autant que sa menace noble, sans faire de sa série B un blockbuster décérébré.

 

y a le bon, et le mauvais chasseur...


Créateur de la pulpeuse Barbwire, traducteur de tonnes de mangas pour les USA et scénariste incontournable du coté des Predator, Aliens et Aliens vs. Predator (ça a une certaine logique), Warner maitrise largement son propos et offre en quelques numéros seulement un comic bourré d'action, qui n'oublie jamais en cours de route ses personnages, ni justement la prépondérance du danger représenté par les humains. Comme souvent dans ce genre d'aventure, ce sont eux la vrai menace, et l'arrivée façon cowboy sur une île sauvage ne sera pas sans surprises... ni sans victimes. Ultra efficace, la minisérie est aussi pour les aficionados de la licence un bon moyen de retrouver quelques survivants humains de titres précédents, mais le récit n'appuie jamais trop sur ces références internes le laissant tout à fait accessible à n'importe quel lecteur, juste venu là pour assister à une chasse sans pitié avec des petits twists bien sentis à la clef.

Porté de prime abord par les couvertures toujours aussi racées de Doug Wheatley, l'album impressionne sans doute un peu moins dans ses pages intérieures avec des personnages un peu trop interchangeables, un peu trop mangas, mais dont les imperfections vont être rattrapées par un Francisco Ruiz Velasco (Star Wars Tales, Thunderbolt) bien plus à l'aise dès qu'il faut plonger dans la jungle moite et révéler la puissance et l'élégance animale des predators. Un vrai respect du film de John McTiernan et de son excellente suite signée Stephen Hopkins insuffle chaque page... et c'est finalement tout ce que l'on demandait.

Nathanaël Bouton-Drouard


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