ALIENS PERDITION
Aliens Dead Orbit #1-4 - Etats-Unis - 2017
Image de « Aliens Perdition »
Dessinateur : James Stokoe
Scenariste : James Stokoe
Nombre de pages : 104 pages
Distributeur : Vestron
Date de sortie : 24 mai 2019
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Aliens Perdition »
portoflio
LE PITCH
Les derniers instants de la vie de l'officier Wascylewski, membre d'une équipe ayant intercepté un vaisseau en perdition au fin fon de la galaxie...
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les proies

Loin des sagas à rallonge et des chronologies alambiquées, le presque one-shot Aliens Dead Orbit comme l'appellent les américains, se déguste comme un récit totalement indépendant. Un nouveau vaisseau menacé, une explosion de thorax, un espace omniprésent et le petit jeu du chat et la souris peut reprendre.... Mortel.

Comme beaucoup de licences cinématographiques américaines à succès, Alien et surtout Aliens, sont rapidement devenu la source d'une masse considérable de comics plus ou moins liés aux évènements des films, plus ou moins officiels et surtout... pas toujours très inspirés. Avec la déferlante de créatures, l'apparition de la Reine mère et la course à une évocation de plus en plus spectaculaire, de plus en plus grandiloquente (chose pas franchement arrangée avec les deux derniers films de Ridley Scott), les BD se perdent trop souvent dans les codes du blockbuster calibré. Voilà pourquoi dès les premières pages, la courte minisérie imaginée par James Stokoe frappe le lecteur par son traitement extrêmement épuré. Un homme aux traits fatigués scrute une base spatiale en cours de destructions alors qu'un compte à rebours s'égrène à travers la page. Ripley n'est pas loin, le simple récit de maison fantôme dans l'espace non plus, et l'artiste ne cache pas avoir voulu renouer avec l'intensité franche du tout premier long métrage, alors que les marines n'avaient pas encore pointé leurs nez. Ici pas de troupes surarmées, l'équipage qui va être confronté à la menace Alien n'est composé à nouveau que d'hommes et de femmes plus débrouillards que malins, techniciens et pilotes travaillant simplement pour.... La Wayland-Yutanie, forcément.

 

l'oeuf et la grosse poule


Les quelques couloirs de leurs vaisseaux, les nombreuses zones d'ombres et soutes à cargaisons, deviennent le terrain de chasse pour deux créatures voraces, rapides et insaisissables, dont on aperçoit la présence que lorsqu'il est déjà trop tard. Déjà auteur d'un Godzilla The Half-Century War d'excellente réputation (une édition française, anyone ?), James Stokoe embrasse littéralement la structure du simple film d'horreur de base, mais le traite avec un sérieux à toutes épreuves et surtout une patte visuelle qui redonne toute sa prestance aux créatures. L'artiste à certes un trait un peu atypique, mélange de graphismes asiatiques, américains et européens (on pense à quelques dessinateurs œuvrant du coté d'Ankama), mais il le manie avec une précision redoutable qui vient sculpter littéralement des costumes et décors aux textures palpables. Son coup de crayon est particulièrement admirable lorsqu'il reproduit avec d'hallucinants effets de profondeur et une vraie physicalité organique, le nid dégoulinant dans lequel se lovent les deux aliens, jumeaux et amants, en attendant de dévorer l'une de leurs victimes suspendus à quelques mètres. Découpage percutant et cinématographique, rythme implacable, structure spatiale et temporelle maitrisée, effets gores et sanglants explosifs, Aliens Perdition est une petite leçon de narration en BD, réduisant les dialogues et les évènements à l'essentiel, et laissant à son dessin, sa colorisation étouffante et son montage visuel le soin d'entrainer le lecteur dans une course à la survie effrénée... mais perdue d'avance. Comme pour la Quadrilogie originelle, c'est la personnalité du metteur en scène qui fait la différence.

Nathanaël Bouton-Drouard


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