HI SCORE GIRL T.1
Japon - 2013
Image de « Hi Score Girl T.1  »
Dessinateur : Rensuke Oshikiri
Scenariste : Rensuke Oshikiri
Nombre de pages : 194 pages
Distributeur : Mana Books
Date de sortie : 4 juillet 2019
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Hi Score Girl T.1  »
portoflio
LE PITCH
1991. Haruo est un élève de primaire qui n’a qu’une passion : les jeux vidéo. Il passe la quasi-totalité de son temps libre dans les salles d’arcade à aiguiser sa maîtrise des jeux de combat. Alors qu’il pense être le meilleur dans son domaine, ses certitudes vont voler en éclats le jour où une redoutable adversaire va se dresser contre lui : Akira, la plus brillante et la plus jolie des filles de son école.
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Love & pixels

Pour les plus curieux, le manga de Rensuke Oshikiri est déjà connu des abonnés de Netflix sous la forme d'un sympathique animé produit, en mode économie, par JC Staff. Pour le manga, c'est Mana Book, féru de sa culture gamer, qui en délivre une édition française, et c'est on ne peut plus logique.

En effet, comme pour sa première publication inédite chez nous Bip-Bip Boy, Hi Score Girl est baigné dans les souvenirs de jeunesse de son auteur, otaku de la première heure qui s'engouffra des heures et des heures de jeux vidéos, aussi bien sur consoles de salon que dans les mythiques salles d'arcade. Nous sommes au début des années 90 et c'est clairement l'âge d'or du jeu vidéo qui est retracé ici par le biais d'un gamin sans doute un peu trop obsédé par sa stature de spécialiste de Street Fighter II. Une place que va pourtant lui ravir la très sage Hono, fille de riche jolie comme un cœur à qui tout semble réussire, et qui à l'outrecuidance de manier le stick avec une facilité déconcertante. Le début d'une suite ininterrompue de compétitions souvent très douloureuses (parce qu'elle est aussi adepte des coups de boule et des genoux dans les parties), mais aussi bien entendu d'une comédie romantique douce amère et impossible entre le geek et celle que tout le monde adule, comme les japonais savent si bien le faire. Un canevas relativement classique, mais où affleure constamment un regard touchant sur une époque loin d'être idéalisée autant dans le rappel d'une actualité mondiale peu festive (c'était le début de La Guerre du golfe, la crise de la bulle financière approchait à grand pas) que dans la description des désirs sacrifiés de la gamine sur l'autel de la réussite individuelle.

 

round one, fight !


Sans en faire des tonnes, et avec un style graphique rond mais sec, Rensuke Oshikiri se montre particulièrement habile pour rendre attachant son duo à la recherche de la salle d'arcade la moins chère de la région ou découvrant les merveilles de la PC Engine, retraçant avec ferveur toute l'ambiance de cet art naissant et s'apprêtant, entre autre avec « l'explosion » Nintendo, à devenir définitivement populaire. Là où souvent ce genre de séries évitent scrupuleusement de citer ses sources et ses références, Hi Score Girl le fait à outrance, et à bon escient, célébrant les différentes tactiques de connaisseurs sur la borne d'arcade de Street Fighter II, la difficulté stratosphérique de Ghosts'n Goblins, les ralentissements et les pièges de Double Dragon, les montures de Golden Axe, le mode coopératif de Final Fight... Le volume s'offre même un petit détour dans une salle d'arcade fantôme où le propriétaire attend depuis 10 ans le retour en force de Space Invader. Un manga de passionné pour les passionné mais pas que grâce à un ton léger, gentiment nostalgique, qui sert tout autant de chronique de l'enfance que de témoignage d'une époque que les plus jeunes ne peuvent aujourd'hui approcher que sous la forme de compilations coûteuses ou de mini-consoles collector. Presque un documentaire en sommes.

Nathanaël Bouton-Drouard








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