DCEASED
DCeased #1-6, DCeased: A Good Day To Die #1 - Etat-Unis - 2019
Image de « DCeased »
Scenariste : Tom Taylor
Nombre de pages : 240 pages
Distributeur : Urban Comics
Date de sortie : 28 février 2020
Bande dessinnée : note
Jaquette de « DCeased »
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LE PITCH
Darkseid a de nombreuses fois tenté de conquérir la Terre et de réduire à néant les super-héros qui la défendent. Mais aujourd'hui, il y est parvenu. Lors d'un combat contre la Ligue de Justice, le seigneur d'Apokolyps a déchaîné toute la puissance de l'équation d'anti-vie, faisant ainsi du monde un enfer habité d'individus contaminés et hystériques qui se dévorent les uns les autres. Et face au chaos planétaire de l'anti-vie, les héros sont aussi vulnérables que désemparés.
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Final Crisis

L'invasion zombie continue de s'étendre et touche aujourd'hui le fier univers de DC Comics. Proposé en France dans un album aux couvertures variant bien macabres, DCeased a-t-il le mordant nécessaire ?

Si la rencontre entre les potes de Superman est une horde de morts-vivants affamés a de quoi intriguer, l'idée n'est évidemment pas des plus originales. Depuis presque vingt ans maintenant que les zombies sont mis à toutes les sauces, les comics sont loin d'avoir été épargnés et toutes les licences ou presque y sont passé. Mais le plus rapide sur ce terrain fut certainement Marvel qui emboîta fébrilement le pas à The Walking Dead en rebondissant sur d'excellents épisodes d'Ultimate Fantastic Four de Mark Millar pour livrer le détonnant Marvel Zombies. Une vision plutôt parodique et volontairement gore et grotesque qui a connu son lot de mini-séries supplémentaires et de croisements tout aussi improbables (avec un certain Ash) avec lequel le bébé tardif de DC s'efforce de prendre la plus grande distance possible. En dehors des amusantes couvertures multiples américaines jouant tour à tour sur quelques illustrations célèbres ou affiches de film d'horreur, le ton est tout de même relativement sérieux, voir dramatique, dans les six épisodes de cette mini-série évènement. Porté aux nues par DC après le succès remarquable d'Injustice, l'adaptation / extension du jeu vidéo, Tom Taylor fait une nouvelle fois preuve de ses qualités de scénariste mainstream. Pas de sous-entendu péjoratif ici, mais plutôt une évidence puisqu'il est question de sa manière de brasser de nombreux personnages (et leur passif) de l'écurie de l'éditeur, de transformer son pitch de blockbuster en drame super-héroïque et de recentrer constamment les enjeux vers les tensions profondément humaine.

 

super dead


A la manière d'un Robert Kirkman sur The Walking Dead justement, Taylor use de cette catastrophe planétaire, de cette rapide et dévastatrice fin du monde en forme de contamination galopante, comme d'une catharsis pour étudier sobrement les liens qui composent et solidifient les familles de Superman, Batman, Wonder Woman, la Justice League, etc. D'autant plus efficace que l'auteur décoche régulièrement quelques uppercuts aux fans question de les obliger à sortir de leur zone de confort, montrant que cette équation d'anti-vie devenue virus biotechnologique n'épargnera personne... vraiment personne. Pas de surenchère dans l'horreur, les grandes scènes à sensations, les instants les plus violents, ne sont là que pour appuyer sur la douleur des proches et annoncer graduellement une issue funeste. Une mini-série pour adulte qui respecte parfaitement les grands canons de DC Comics sans s'y intégrer, mais qui souffre cependant tout du long de son importance commerciale. Comment expliquer sinon l'importance donnée à Harley Quinn et par accointance Poison Ivy, dont l'intérêt dans l'histoire est quasi nul ? Où l'existence de ce sympathique épisode bonus A Good Day To Die, plus porté sur les second couteaux (Mister Miracle, Booster Gold...) et l'humour noir mais dont l'ultime montée en puissance de John Constantine  n'aboutit à rien, ou tout comme. Des greffes qui entament l'efficacité du récit central, l'enchaînement éreintant de coups durs et de victimes (on vous laisse le plus de surprises possibles), impeccablement mis en image par l'anglais Trevor Hairsine (X-Men Deadly Genesis, Ultimate Six, X-O Manowar) avec un réalisme cendré et une sécheresse tranchée qui ajoute constamment à ce regard humain mais désespéré. Les collègues invités, et ce dès le premier chapitre, s'imprègnent plutôt bien de l'atmosphère générale et on s'amusera à y remarquer la présence d'un certain Stefano Gaudiano, assistant de Charlie Adlard sur... The Walking Dead.

Nathanaël Bouton-Drouard


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