BONE PARISH T.1
Bone Parish #1-4 - Etats-Unis - 2018
Image de « Bone Parish T.1 »
Dessinateur : Jonas Scharf
Scenariste : Cullen Bunn
Nombre de pages : 112 pages
Distributeur : Delcourt
Date de sortie : 19 février 2020
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Bone Parish T.1 »
portoflio
LE PITCH
Une nouvelle drogue envahit les rues de la Nouvelle-Orléans. Une drogue manufacturée à partir de cendres de corps calcinés. Une véritable guerre s’engage pour le contrôle de la production et de la distribution car la demande explose… Mais pendant que les tensions montent, les utilisateurs de cette drogue se mettent à expérimenter de terrifiantes visions de personnes mortes, revenues à la vie grâce ou à cause d’eux et de leur addiction !
Partagez sur :
A la ligne

Dernière fierté de l'équipe de Boom ! Studio, Bone Parish est une nouvelle excursion dans les ruelles noires de la drogue et les riches demeures de ses pourvoyeurs. Mais le coke c'est has-been, voici venir la « cendre » ultime shoot qui permet d'entrer en contact avec la mort.

Une nouvelle drogue croisée avec les rites de la magie noire qui ne pouvait naître que dans le décor évocateur de la Nouvelle Orléans. Une ville historique abîmée, ses cimetières et ses rues inquiétantes qui cohabitent avec celles raisonnant au son du blues, le décor est admirablement planté par le jeune illustrateur Jonas Scharf (Power Rangers, Warlords of Appalachia) qui donne une vraie présence à ces décors de films noirs aux silhouettes d'épouvantes gothiques. Quelques cadres et l'ambiance est habitée. Quelques autres et les effets spectaculaires de la "cendre" ne font plus de mystères pour le lecteur qui découvre des addict cherchant le contact avec des personnages disparus ou espérant vivre les instants volés de quelques décédés charismatiques. Un joli succès et un secret gardé jalousement par la famille Winter, toujours marqué par le décès du père lors de l'ouragan Katrina. Mais quelques organisations adverses venues de New York se rapprochent doucement et surtout un gang latino plutôt violent commencent à discuter hégémonies des Winter et la pression monte.

 

bof trip


Une chronique familiale où se déflorent peu à peu les blessures de chacun et les petits secrets honteux. Avec ce récit criminel façon Narco où seul comptent le territoire comptent, le fric et l'honneur (les flics ripoux en prime), cette série imaginée par le Cullen Bunn de The Sixth Gun, X-Men Blue et Harrow County, se donne des airs évidents de série TV policière contemporaine, aussi froide, violente et graphique qu'une production HBO, Netflix et consorts. Des petits airs de déjà vu qui auraient pu être compensés par la nature particulière de la substance qui fait saliver tout ce petit monde. Mais des chants vaudou aux sortilèges diaboliques, ces ingrédients restent largement en retrait dans ce premier album, où alors s'insinuent presque comme des intrus aux seins des évènements. Quelques visions cauchemardesques un peu gore pour faire monter la sauce, des allusions tout au plus mais jamais bien convaincantes, la narration avance laborieusement ne semblant pour l'instant ne jamais prendre la mesure du potentiel du pitch initial. Surtout, les effluves de la « cendre » paraissent encore bien hasardeux alternant les visions subjectives de nos chers disparus, les apparitions de revenants ou la transmission de capacités humaines (dans l'assaut vengeur les hommes de main sniffent des restes de snipers), sans qu'une amorce d'explication, de logique ne soit amorcée. Plutôt généreux sur le papier Bone Parish, cette guerre des gangs un poil nécrophile joue encore un peu trop les standards pour provoquer l'enthousiasme.

Nathanaël Bouton-Drouard


Partagez sur :

 

Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2020