WOLVERINE - LOGAN
Etats-Unis
Image de « Wolverine - Logan »
Dessinateur : Eduardo Risso
Scenariste : Brian K. Vaughan
Nombre de pages : 100 pages
Distributeur : Panini Comics
Date de sortie : 18 mars 2009
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Wolverine - Logan »
portoflio
site officiel
LE PITCH
Wolverine se rend sur une mystérieuse colline au Japon dans l’espoir de chasser certains fantômes du passé. Un voyage qui le replonge dans les affres de l’amour, de la mort et de la destruction. S’il n’y prend pas garde, ces fantômes pourraient le retenir prisonnier à jamais…
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Toutes griffes dehors

Le personnage le plus populaire de la firme Marvel revient quelques mois avant une apparition attendue sur les écrans de cinéma par le biais d'un Graphic Novel chapeauté par deux des plus grands talents du moment. Pas sûr que le film puisse tenir la comparaison...

Ultra populaire depuis son apparition au sein de la toute nouvelle Marveil (euh milieu 1970 quoi), le personnage de Wolverine, autrefois appelé Serval dans nos contrées, séduit autant par son aspect sauvage, incontrôlable que par la richesse de son humanité, sa fidélité et sa morale toute personnelle. L'antihéros pure souche dont la dualité a très souvent servi de base à de nombreux récits le présentant comme un vigilante en quête de vengeance, sauveur des peuples opprimés voire détective borgne dans une mégapole asiatique (dans le début, inoubliable, de sa série solo). Mais ces dernières années, à force d'être tiraillé de toute part par des équipes aux ambitions variables et par la popularisation de son destin dans le diptyque cinématographique (ah bon y a un trois ?), Wolverine s'est éparpillé. Les personnage est quasi-immortel de par son gène mutant - il a même croisé Captain America pendant la seconde guerre mondiale -  et les détails de son passé ne sont pas encore tous connus, loin de là. Surtout depuis que les lecteurs ont feuilleté ses tout premiers pas dans le poétique Origines et que lui-même a tout redécouvert en bloc à l'issue du crossover House of M.

Sous les poils, les sentiments

Tout ça pour montrer à quel point la minisérie dont il est question ici est clairement le premier essai sur la nouvelle voie qui s'ouvre aux futurs artistes attachés au mutant canadien. Loin des bagarres redondantes de la série régulière (méchants à tuer, ombre du SHIELD, énième rencontre avec le Wendigo... mouais), Logan s'intéresse en quelques pages seulement à l'homme derrière la bête sauvage. Retour au Japon donc, pays qui a toujours tissé des liens très étroit avec notre héros depuis l'imposant Je suis Wolverine de Chris Claremont (scénariste prolifique des Nouveaux X-men) et Frank Miller (Sin City, The Dark Knight Returns), où une nouvelle fois l'homme au griffes va découvrir l'amour dans les bras d'une belle créature locale... dans un flashback en pleine guerre du pacifique. Il y a certes ici un autre mutant, capable lui aussi de se régénérer, mais cela reste en définitive très en retrait devant l'exploration d'une belle fragilité rarement illustrée.

Orientalisme

Logan est l'histoire d'une romance, brève mais sensuelle où l'on reconnaît indéniablement la patte de Brian K. Vaughan scénariste star du monde du comics depuis quelques années grâce à son Y Le dernier homme et Invincible, qui sait user du médium pour mieux explorer les visages humains. Une histoire d'amour impossible, mais pourtant sensible, qui permet aussi au scénariste de renouer par touches subtiles avec la fibre politique  de Pride of Bagdad en démontrant par la figure d'un compagnon d'arme vite devenu ennemi les dégâts du nationalisme et de l'impérialisme si chers à une certaine culture américaine. Planche choc : une vision très graphique de la bombe Hiroshima, digne de la sublime séquences d'Indiana Jones et le royaume du crâne de Crystal. Il faut dire qu'avec le trop rare Eduardo Risso (accaparé par le polar 100 Bullets) aux pinceaux le spectacle est de taille. Aussi doux et rond dans les scènes intimistes que sauvage et explosif dans les passages plus spectaculaires, l'artiste livre là l'un de ses plus beaux travaux. Une bonne histoire, une vision pertinente d'un bon personnage, des peintures sublimes... un futur classique.
Nathanaël Bouton-Drouard




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