HOPE
Royaume-Uni - 2016/2018
Image de « Hope »
Dessinateur : Jimmy Broxton
Scenariste : Guy Adams
Nombre de pages : 80 pages
Distributeur : Delcourt
Date de sortie : 27 mai 2020
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Hope »
portoflio
LE PITCH
Dans un Los Angeles d’après guerre alternatif où la magie noire fait partie du paysage, Mallory Hope est un détective privé épuisé par les forces occultes auxquelles il fait appel et hanté par un sombre passé. Lorsqu’on lui confie une affaire de kidnapping, qui lui rappelle la disparition de sa propre fille, il est déterminé à aller jusqu’au bout.
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L'espoir fait vivre

Trop accaparés par la profusion de créations américaines, nos éditeurs ont toujours une bonne intuition lorsqu'ils vont jeter un œil du coté de nos voisins british. La preuve avec ce premier tome de Hope, une production qui porte le sceau de la revue mythique 2000AD.

Et ce n'est pas là une nouvelle publication culte issue des années 80, mais bel et bien une création plutôt récente qui fait le bonheur des lecteurs actuels de l'incontournable revue anglaise... Oui celle-là même qui accueille depuis quelques décennies un certains Judge Dredd. Mais la ligne éditoriale ne s'arrête pas au post-apo burné comme vient le rappeler ce Hope, concocté de façon amusante, mais pas illogique, pas deux grands habitués de la licence Doctor Who. Le scénariste Guy Adams est un grand habité des feuilletons audios de Big Finish (je ne saurais trop vous conseiller le terrible The Master of Callous). Jimmy Broxton (The Unwritten) a fait une excellente prestation sur le comic The Girl Who Loved Doctor Who. Un peu un passage obligé pour les artistes anglais soit, mais qui démontre tout de même une certaine souplesse avec les concepts hasardeux de la science-fiction et les univers alternatifs, ingrédient narratif qui donne la première impulsion à cette série présentant une Amérique d'après-guerre où la sorcellerie, naturellement noire, aurait fait son œuvre pendant les affrontements. L'Amérique a gagné (mais a quel prix ?) et devant la puissance libérée a depuis dissimulé au grand public l'existence de la magie.

 

Hypnose de masse


Broxton impose dès lors dans ses pages un mélange de réalisme précis, strié, creusé, avec une atmosphère plus opaque, plus sombre, où viennent surnager quelques effluves mystérieuses. Entièrement en noir et blanc, Hope fleurte généreusement avec l'esthétique et l'ambiance des grands romans noirs des 50's, avec les polars sur celluloïd, et n'hésite d'ailleurs pas dans cette première histoire, For The Future, à suivre l'enquête du privé Mallory Hope dans les coulisses du rêve hollywoodien. Un anti-héros cabossé, dépressif et rentre-dedans aux faux airs d'Harry D'Amour ou John Constantine, maniant trop facilement la magie noire et les sourires enjôleurs, mais hanté par la disparition de sa femme et de son fils... Et littéralement poursuivi par une entité se repaissant de son malheur. Si les premières pages rédigées par Guy Adams inquiète un peu parfois par la grande proximité avec quelques références envahissantes (on peut aussi ajouter le satanique Angel's Heart), le mélange des genres, entre polar et horreur, fonctionne cependant parfaitement par sa maitrise constante des différents ingrédients. Sur les traces d'une star mineure disparue, Hope croise alors autant une mère aux airs de femme fatale, que quelques truands mafieux, des agents comptant fiévreusement leur pourcentage, qu'un producteur affichant les traits d'un Kirk Douglas démoniaque, dans une large évocation des ténèbres du rêve hollywoodiens et de ses icones déchues. Une enquête très réussie, ponctuée de quelques bourre-pifs et tours de passe-passe mais où les thématiques et les révélations sont on ne peut plus terre-à-terre et tragique. Une affaire sombre et sordide, orchestrée avec talent, illustrée avec force, où l'on fini par se prendre de sympathie pour le fatigué Mallory, dont on aimerait connaitre l'issue de la quête personnelle. Peut-être dans le prochain Hope : Under Fire prévu pour 2021 au Royaume-Uni.

Nathanaël Bouton-Drouard


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