BATMAN : LAST KNIGHT ON EARTH
Batman: Last Knight on Earth #1-3 - Etats-Unis - 2019
Image de « Batman : Last Knight On Earth »
Dessinateur : Greg Capullo
Scenariste : Scott Snyder
Nombre de pages : 176 pages
Distributeur : Urban Comics
Date de sortie : 5 juin 2020
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Batman : Last Knight On Earth »
portoflio
LE PITCH
Lancé dans un mystérieux jeu de piste à travers Gotham, Batman est neutralisé puis se réveille dans l'Asile d'Arkham où Alfred lui apprend qu'il en est en réalité le patient depuis des années et que sa croisade contre le crime n'est que le délire de son esprit malade ! Mais ce n'est que le début d'une épopée qui va conduire le héros à traverser un monde désolé peuplé de visages familiers à jamais traumatisés par une apocalypse dont Batman ignore les origines ! La dernière cr...
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Bat-Road

Annoncé comme le baroud d'honneur du duo Scott Snyder et Greg Capullo après pas moins de neuf ans de bons et loyaux services sur différents titres Batman, Last Knight on Earth se paye même le luxe d'apparaitre dans la gamme Black Label, annonçant alors une certaine liberté de ton et un détachement de la chronologie officielle. Mais Snyder sera toujours Snyder...

C'était en effet la promesse de la collection : proposer à chaque volume une vision unique de l'univers DC (essentiellement Batman jusque-là), adulte et surtout parfaitement accessible à tout nouveau venu. Mais comme il a toujours beaucoup de mal à se plier aux règles de ses collègues, Scott Snyder n'en fait qu'à sa tête et aborde clairement la mini-série en trois chapitres comme une manière ambitieuse de fermer la boucle entamée il y a presque dix ans. Si la trame se veut relativement accessible, la récupération de nombreux concepts imaginés par l'auteur au cours des dernières années (la machine à clone imaginée par Bruce Wayne, quelques personnages secondaires de la Bat-family, l'état de la Justice League, La Cour des hiboux...) et surtout le prolongement d'un univers très particulier entre visions sombre, désespéré, et un humour délirant, presque branquignole, peut en décontenancer plus d'un. Une fois encore, les épidermiques à l'écriture verbeuse et un poil pompeuse du scénariste, vont agacer, alors que les fans invétérés seront certainement aux anges. Snyder divise, encore et toujours... Pourtant au-delà de ses nombreux tics empruntés au déjà redondant Batman Metal, Last Knight on Earth est un récit qui ne manque pas d'ambition et d'imagination, ni d'une certaine logique dans son exploration d'un futur postapocalyptique où l'élément central, à la fois déclencheur et salvateur serait le symbole Batman et plus particulièrement l'âme de Bruce Wayne.

 

les blagues les plus courtes


L'album prend alors des airs de road-movie dystopique, quelques part entre Old Man Logan et Mad Max, tandis que ce Batman du « futur » découvre un panthéon DC rendu plus bas que terre, un décor ravagé, un espoir absent et une folie omniprésente. D'où sans doute la formation de ce curieux et improbable duo entre Batman et une tête de Joker (bavarde et épuisante cela va sans dire) qui devient aussi rapidement iconique que Django et son cercueil. Snyder fleurte avec le western, questionne la notion d'héroïsme et d'espoir, enchaine les concepts hallucinés (les pluies d'anneaux de Green Lantern...), bouscule efficacement les figures connues des rues de Gotham, mais pèche aussi par excès de confiance et par ce besoin inlassable de complexifier inutilement son script. L'ouverture, aguichante, dans l'asile d'Arkham venant, le temps de quelques pages, remettre en cause l'existence du Cape Crusader, tourne court et n'apporte finalement pas grand-chose, tandis que le final prévisible et pas aussi intense que nécessaire est uniquement sauvé par l'apparition d'un Robin-Joker hilarant. Last Knight on Earth se disperse trop pour atteindre les sommets d'œuvres définitives comme Dark Knight Returns ou Batman Année 100 (cibles identifiées), mais aboutit à un blockbuster tellement grotesque, délirant et boursouflé qu'il fini par se doter d'un esprit particulier et unique. Il faut dire que dans cette illustration d'un univers fastueux, à la fois iconique et infernal, Snyder est largement aidé par les design et les planches impressionnantes de Greg Capullo qui au détour d'une rencontre avec un Swamp Thing flottant, d'une armée de mutant ou d'incarnations de Flash transformées en cyclone meurtrier, retrouve clairement l'énergie et l'amplitude des belles heures de Spawn. Pas un futur classique, mais une sortie scène qui ne manque pas de panache.

Nathanaël Bouton-Drouard


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