MALCOLM MAX T.1 : LES PILLEURS DE SéPULTURES
Malcolm Max Kapitel 1 : Body Snatchers - Allemagne - 2015
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Dessinateur : Ingo Romling
Scenariste : Peter Menningen
Nombre de pages : 72 pages
Distributeur : Delcourt
Date de sortie : 3 juin 2020
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Malcolm Max T.1 : Les Pilleurs de sépultures »
portoflio
LE PITCH
En 1889, à Londres, rien ne va plus. Une série de meurtres terrifiants a déferlé sur la city. Malheureusement, même l’exécution du meurtrier supposé, surnommé « Le Poète » ne parvient pas à endiguer la vague de violence et de sang. La société secrète Custodes Lucis (Les Gardiens de la Lumière) confie l’enquête à Malcolm Max, expert en affaires paranormales et chasseur de démons
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Du son à l'image

Une fois n'est pas coutume, Delcourt propose de découvrir un titre en provenance d'Allemagne. Une contrée très friande de BD mais dont on voit rarement la production par ici. Sans doute que Malcolm Max pourrait nous mettre en appétit.

Si l'on critique régulièrement nos voisins pour leur approche un peu fermée aux productions locale de genres (c'est vrai qu'en France là dessus...), cela reste cependant un pays qui n'a jamais fermé ses frontières à la science-fiction, au fantastique, et qui consomme de manière imposante nombres de medium qui font fantasmer les geeks français... Parmi ceux-ci les allemand pratiquent encore et toujours comme les anglais l'exercice de la série radiophonique. C'est dans ce domaine qu'est ainsi apparu pour la première fois un certain Malcolm Max, détective du surnaturel dans un Londres victorien en pleine révolution industrielle mais toujours autant habité par les esprits d'autrefois ou l'ombres d'un certains Jack L'éventreur. Le programme connait suffisamment de succès pour motiver son créateur Peter Menningen, scénariste de BD de son état, de lui donner naturellement quelques aventures supplémentaires au format album. D'où cette petite sensation en ouvrant le premier tome français, Les Pilleurs de sépultures, non pas de prendre l'aventure en marche mais juste de découvrir deux personnages déjà bien installés : le séducteur malin, aussi intelligent qu'agaçant Malcolm Max, et sa magnifique assistante Charisma, que l'on nous dit semi-vampire.

 

tueur automatique


La première scène est à ce titre parfaitement réussie avec ce duo dégoisant derrière une pierre tombale sur les effets d'un baiser tandis que des voleurs de corps font leur office au premier plan. Un petit quelques chose des duels intellectuels entre Mulder et Scully, des rapports de séduction pince-sans-rire de Chapeau melon et bottes de cuirs ou du paternalisme du 4ème Docteur envers la sauvageonne Leela (mais là ok ça devient pointu) qui effectivement les rendent immédiatement sympathiques et ajoute un petit ressort romantique pas désagréable à l'ensemble. Car bien entendu l'argument numéro 1 de la BD est une nouvelle enquête mystérieuse sur les traces d'un tueurs de femmes qui aime exposer leur corps comme des trophées au milieu de la ville. Le principal problème étant que ce Darkwood est bel et bien mort et enterré. Plutôt malin, le script s'inscrit dans un contexte historique bien senti, mais avec une grosse dose de steampunk en prime, et une très jolie séquence de Voodoo qui démontre le talent décidément insolent d'Ingo Romling (croisé sur quelques titres Star Wars) pour mettre en valeur de très jolies dames, aussi attractives qu'indépendantes. La qualité de son trait ne s'arrête pas là, et il faut bien reconnaitre que de nombreux charmes de Malcolm Max viennent de sa capacité à installer par touches délicates cette atmosphère à la Conan Doyle (et les emprunts sont nombreux), à offrir de superbes décors et à évoquer les scènes de crimes, théâtrales, tout en restant grand public. Si certainement certains lecteurs sentiront venir le pot au roses avant le petit twist de la fin de cette première partie de diptyque, l'aventure so british fonctionne parfaitement et laisse nos deux héros dans des situations suffisamment inconfortables pour qu'on en redemande. Mais la prochaine fois avec un tout petit peu moins de textes dans les cartouches ça ne serait pas de refus.

Nathanaël Bouton-Drouard


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