LES EUTHANAUTES
Euthanauts #1-5 - Etats-Unis - 2018
Image de « Les Euthanautes »
Dessinateur : Nick Robles
Scenariste : Tini Howard
Nombre de pages : 128 pages
Distributeur : Graph Zeppelin
Date de sortie : 27 mai 2020
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Les Euthanautes »
portoflio
LE PITCH
Où vont les gens quand ils meurent ? C'est une question à laquelle religion et science tentent de répondre, sans aucune réponse concrète. C'est pourtant ce monde où le concept de la mort dépasse les limites de la transcendance religieuse et devient un royaume inexploré en soi que Thalia Rosewood, croque-mort et carrément obsédée par la mort depuis toujours, et les Euthanautes, groupe d'aventuriers très spéciaux, vont explorer. Un voyage à la découverte des réalités de l'au-delà...
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Les passeurs

Née des cendres de Vertigo, Les Euthanautes est une nouvelle proposition traduite par Graph Zeppelin où la mort n'est pas forcément une fatalité mais surtout la promesse d'un ailleurs où les codes sociaux s'effaceraient enfin. Un peu New Age forcément.

Beaucoup pleurent encore la disparition du fameux label Vertigo de DC Comics dernier bastion de créations aventureuses, sombres et originales au sein de l'un des deux grands éditeurs américains. Question de ne pas se laisser abattre, sa dernière responsable en date, Shelly Bond, licenciée dans le même mouvement, tenta de faire renaitre la même émulsion chez IDW avec une collection Black Crown qui malheureusement a depuis fermée à son tour. Dommage car une fois encore les concepts novateurs et les approches inédites étaient des qualités précieuses. Des qualités dont l'inattendu Euthanauts ne manque effectivement pas. Imaginé par un duo de jeunes créateurs encore peu mis en avant - Tini Howard fait doucement son trou chez Marvel avec Excalibur ou Strikeforce, Nick Robles peine un peu avec la licence Kong of Skull Island - la mini-série plonge dans les émanations d'habitudes peu aguicheuses de la grande faucheuse.

 

au-delà du réel


Une série sur la mort donc, où plutôt sur la fascination qu'elle peut exercer sur un groupe de scientifiques suicidaires (dans leurs pratiques surtout) rejoint dans le premier chapitre de manière frappante (au sens propre) par Thalia, jeune réceptionniste dans un salon mortuaire. Une demoiselle qui sort des normes par son look, par ses formes mais aussi par ses difficultés à sociabiliser et qui va devenir après une expérience de mort imminente, le lien entre notre monde et une scientifique de renom qui elle a vraiment franchit le cap. Des voyages de plus en plus constants vers un monde entre-deux, célébrés par les illustrations envoutantes, entre magie et psychédélisme, de Robles, où bien entendu chacun risque de se perdre. Les graphismes sont pour beaucoup dans la réussite d'Euthanauts, autant pour les envolées les plus surnaturelles, que pour la manière dont sont ancrés justement les membres de la petite troupe dans un monde des plus contemporains. La série se veut moderne, dans l'air du temps, et pratique ainsi l'inclusion, non pas gratuitement, mais pour mieux souligner l'aspect décalé de ces derniers, un peu allumés pour certains, grand adeptes des communions new age et de l'échangisme pour d'autres. C'est ce rapport détaché de la vie dite "normale", ou "normalisée" qui les rassemble, et donc cet écho constant vers un après qui devient possible. Un angle parfaitement mené par Tini Howard, mais qui se fait parfois au détriment peut-être justement d'une structure plus classique et d'un but affichée. Certaines menaces apparaissent pour être balayées en quelques pages, de nombreuses questions sont oubliées et finalement les notions purement philosophiques sont laissées au loin dans une suite probable ou en tout cas espérée. On reste un peu sur notre faim avec Les Euthanautes mais cette fin ouverte qui ne convainc pas totalement n'enlève rien au potentiel évident des deux créateurs. Pas parfait, inachevé, mais une fois encore original et intriguant.

Nathanaël Bouton-Drouard




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