THE CROW : FLESH & BLOOD
The Crow : Flesh & Blood #1-3 - Etats-Unis - 1996
Image de « The Crow : Flesh & Blood »
Dessinateur : Alex Maleev
Scenariste : James Vance
Nombre de pages : 96 pages
Distributeur : Vestron
Date de sortie : 28 janvier 2022
Bande dessinnée : note
Jaquette de « The Crow : Flesh & Blood »
portoflio
LE PITCH
Tuée dans un attentat à la bombe alors qu’elle était enceinte, Iris sera ramenée par le Corbeau pour se venger de ses assassins… et découvrir la vérité sur sa mort.
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le corbeau et la renarde

C'est au tour de Vestron de reprendre en main la traduction et la publication des comics dérivés de The Crow. En première ligne le récit complet Flesh & Blood, sorti en 1996 et qui pour la première fois offrait son âme vengeresse à une femme.

Un peu passé de mode aujourd'hui, le mythe The Crow était dans les années 90 une véritable œuvre culte dont l'aura avait été largement décuplée par le succès de son adaptation cinématographique signée Alex Proyas (on attend toujours une édition Bluray / UHD digne de ce nom) et qui forcément donna alors naissance à de nombreux dérivés. On oubliera les suites filmées, puisque le milieu de la BD se montrait bien plus créatif en offrant à une poignée de jeunes auteurs de s'essayer à retranscrire à leur façon la mythologie romantique et gothique de James O'Barr. Une mort injuste, gratuite, une tragédie certainement, et un corbeau qui vient sobrement réveiller un corps prêt à prendre sa revanche, froidement et sans états d'âme. Une ligne simple et claire à laquelle James Vance (Aliens Survival, Mr. Hero the Newmatic Man) apporte ses petites subtilités, et en premier lieu celle de choisir une femme comme personnage principal. Une Agent fédérale qui pour avoir tenté de mettre le nez dans les agissements d'une communauté très particulière va être la victime d'un attentat, entraînant sa mort et celle d'autres innocents dont l'enfant qu'elle attendait. Si justement il y est quelque-peu question de maternité, de place de la mère et de lâcheté de la part du père présumé, ce changement de sexe ne provoque pas vraiment d'adoucissement dans le comportement de la jeune femme revenue à la vie. Bien au contraire.

 

l'avenir de l'homme


Particulièrement froide, acide et intransigeante (loin du torturé Eric Draven), elle pose un regard particulièrement noir sur le monde qui l'entoure et élimine ses bourreaux sans sourciller. Mais le plus original, et le plus intéressant, dans Flesh & Blood est le cadre choisit pour le récit, qui s'écarte justement des décors urbains habituels. Une petite bourgade du cœur des États-Unis, pas loin de la misère généralisée, où sévit une large communauté, famille white trash avec pater régnant sur ses ouailles comme un gourou sur ses disciples. Un mal bien plus identifiable d'une certaine façon que la simple et triste délinquance lambda, et qui permet en outre une légère amorce de réflexion sur les théories fumeuses de ces groupuscules antigouvernementaux, pro life et pro armes, dont la bêtise n'a d'égale ici que la couardise. Construit encore une fois comme un simple flux tendu où les victimes s'amoncellent sur le chemin de la femme marquée par le corbeaux, The Crow Flesh & Blood se fait aussi remarquer par la présence à la planche à dessin d'Alex Maleev. Futur illustrateur largement célébré et apprécié pour ses prestations rugueuses sur des publications comme Daredevil, Moon Knight ou Scarlet, il débute presque ici, se montrant plus réaliste dans ses ambitions, mais aussi moins constant et précis dans son trait. On note tout de même déjà une maîtrise évidente du noir et blanc, particulièrement tranché, de ses jeux sur les ombres, de ses atmosphères écrasantes et d'un découpage ramassé, écrasé, qui ajoute encore à l'impact de cette explosion de violence.

Nathanaël Bouton-Drouard


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