MUNDUS T.1
France - 2022
Image de « Mundus T.1 »
Dessinateur : Oriol Roic
Scenariste : Laurent Queyssi
Nombre de pages : 144 pages
Distributeur : 404 Editions
Date de sortie : 25 août 2022
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Mundus T.1 »
portoflio
LE PITCH
Le 19 juin 1991, Anaïs, Ben, Matt fêtent la fin de l’année scolaire mais une panne de courant dans la ville permet l’ouverture d’un portail dimensionnelle dans lequel l’équipe s’engouffre. Après avoir découvert une planète de sables à la ressemblance troublante avec celle d'un livre de science-fiction qu’Anaïs a lu quelques mois plus tôt, leur aventure va les amener à rencontrer un petit groupe de cyber terroristes perdu dans notre monde…
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Après avoir largement fait ses preuves comme découveur de séries étrangères originales et envoutantes comme We Live, Jonna ou The Automnal, 404 Editions passe à la vitesse supérieure en se lançant dans l'édition de séries totalement inédites. Première d'entre elles, Mundus une aventure où la fiction elle-même est le centre de l'histoire.

Un homme et une femme s'infiltrent dans un bâtiment mystérieux pour mettre fin à une expérience qui ne l'est pas moins. Pour stopper l'ouverture d'un portail ils font exploser une bombe EM qui plonge la ville dans le noir. Plus loin un trio d'adolescents, Anaïs, Ben et Matt, un peu à part dans une fête de fin d'année lycéenne, tombent par inadvertance à travers l'une de ces fissures entre les univers. Un départ sommes toute assez conventionnel, mais plutôt bien amené, qui attendait justement ce premier voyage pour imposer son argument. Ce premier monde parallèle, ressemble à s'y méprendre à celui d'un roman qu'Anaïs vient de lire : Le Dieu fracassé. Mais pour le lecteur cette planète Tonkis rappelle surtout Arrakis du Dune de Frank Herbert. Entre références littéraires et cinématographiques clairement établis, Mundus joue effectivement autant avec ses personnages exilés, qu'avec les connaissances du lecteur, qui s'amusera forcément tout autant d'un second voyage du coté d'un univers steampunk mélangeant Sherlock Holmes, Jack L'éventreur et des aliens vampires, et qui percevra sans doute à l'avance que les hackers qui vont rapidement accompagner le trio pourraient tout à fait être issus d'une œuvre cyberpunk.

 

LA Force des trois


Romancier, scénariste de BD (Section infini, Après la chute) et traducteur de qualité chez Urban Comics, Laurent Queyssi déploie une proposition d'autant plus alléchante qu'elle est emballée dans une aventure pleine de rebondissements, de dangers et de mystères, croisant ainsi le divertissement tout à fait efficace avec une mise en abime qui joue sur les niveaux de lectures et l'impact de la fiction sur le récit lui-même et le réel. Une piste qui devrait largement se développer et s'approfondir dans le ou les tomes à venir, qui permettront d'ailleurs de retrouver le dessinateur Oriol Roic, ancien libraire, dont c'est là, il nous semble, son premier album... Et une jolie démonstration de force tant son style dynamique, légèrement anguleux et en formes pleines, apporte une sacrée énergie « comics » à l'ensemble avec un découpage vif, des effets bien spectaculaires et pas uniquement dans ses pleines pages. Il est d'ailleurs aussi parfaitement à l'aise dans les évocations les plus ouvertement SF, les ombres de ruelles d'un Londres victorien que dans la mise en place d'un décors plus contemporain où l'horreur frappe en pleine fête de la musique.

Toujours présenté dans l'une de ces jolies éditions dont 404 a le secret (couverture douce et solide, papier épais...) Mundus s'offre un démarrage plutôt accrocheur et laisse affleurer un potentiel plutôt ambitieux pour la suite.

Nathanaël Bouton-Drouard


 

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