NO HERO
Etats-Unis - 2009
Image de « No Hero »
Dessinateur : Juan Jose Ryp
Scenariste : Warren Ellis
Nombre de pages : 192 pages
Distributeur : Milady
Date de sortie : 11 juin 2010
Bande dessinnée : note
Jaquette de « No Hero »
portoflio
LE PITCH
Il y a quarante ans, un groupe de justiciers est né. A leur tête, un homme, et surtout une drogue, le FX7, capable de leur conférer d’incroyables aptitudes. Mais un tel pouvoir ne va pas sans responsabilités… ni sans dangers. Vous voulez être un super-héros ? Mais à quel point ?
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Décadence

Chez Avatar Press, les différents artistes et auteurs un poil connus obtiennent généreusement carte blanche pour créer leurs nouvelles séries. Pas de censure, pas d'univers à respecter. Une liberté qui peut aboutir au meilleur... et au bof.

 

Depuis la création des mythique Authority, Warren Ellis n'a de cesse de tripatouiller l'image rutilante des super-héros made in USA. Entre ses mains, ils se révèlent moins héroïques qu'opportunistes, plus tarés qu'honnêtes, plus destructeurs que salvateurs. Après le pétage de plomb barbare de Black Summer, le scénariste continue son travail de sape chez Avatar Press avec No Hero, qui imagine un monde où les drogues des 70's auraient donné naissance à un groupe de vigilantes interventionnistes, qui aurait par ses actions totalement modifié l'histoire. Au centre de toutes les attentions et de la haine des dirigeants mondiaux, Front Line semble être la cible d'assassins et de terroristes. Dans ce contexte on ne peut plus paranoïaque apparaît un jeune homme pétri de bonnes intentions, qui va devenir la nouvelle recrue du groupuscule. Il tombe bien sûr de haut : les Front Line manipulent les images et les faits, massacrent des innocents pour réguler l'équilibre politique, imposent leur pouvoir dans le seul but d'engranger un profit substantiel... Comble, sa prise de la fameuse drogue FX7 le transforme en écorché pathétique, puissant mais monstrueux.

 

ego

 

Ellis fait ce qu'il sait faire, enchaîne les dialogues tranchants, la critique du totalitarisme à l'américaine et la naïveté des icones nationalistes... En dehors d'un petit effet de surprise dans la dernière partie, quoi de neuf en définitive ? Dans le fond et la forme, rien ne bouge vraiment, et Ellis peine à cacher sous un débordement de violence gratuite et terriblement gore  un manque d'inspiration assez inquiétant, et une narration qui manque cruellement de subtilité. Sans doute conscient des nombreux emprunts de son bébé, il joue la carte du clin d'œil en détournant quelques couvertures mythiques de l'histoire des comics (Captain America, X-men, Spider-man, Watchmen...), comme pour se dédouaner, mais la sauce tourne à l'aigre. D'ailleurs la ressemblance avec le précédent Black Summer est d'autant plus évidente que Juan Jose Ryp est toujours au pinceau. Certes son mélange Geof Darrow / Frank Quitely est particulièrement efficace et spectaculaire, en particulier lorsque l'artiste se laisse aller à quelques visions grotesques sur une suite de cinq doubles pages fourmillant de détails, mais le projet n'en reste pas moins vain.

Nathanaël Bouton-Drouard






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