AKIRA
Japon - 1988
Image de « Akira »
Musique : Shoji Yamashiro
Durée : 69 minutes
Nombre de pistes : 10
Distributeur : Demon Records
Bande originale : note
Jaquette de « Akira »
portoflio
LE PITCH
Neo-Tokyo, an 2019. Détruite trente ans plus tôt par une mystérieuse explosion, la mégalopole japonaise renaît de ses cendres et se prépare à héberger les Jeux Olympiques. Les oubliés de la reconstruction manifestent chaque jour contre le pouvoir en place, tandis que les plus jeunes trouvent refuge dans la drogue et la baston. Parmi eux, Kaneda et Tetsuo, amis d’enfance, et membres d’un gang de jeunes motards.
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Les tambours de l'Armaggedon

Si Akira a marqué un tournant dans le secteur de l'animation japonaise, ce n'est pas seulement pour son esthétique proprement inimitable et ses thématiques lugubres. L'impressionnant travail effectué sur le son a très largement contribué à la construction de l'atmosphère à la fois morbide et fascinante de l'œuvre de Katsuhiro Otomo, entre un retour à la bestialité de l'homme et son obsession du pouvoir. Mais s'agit-il vraiment de musique ?


Pour la transposition sur grand écran d'une oeuvre démentielle, le choix de la musique est toujours déterminant : elle porte les images, accompagne les personnages et sublime l'univers. Dans le cadre post-apocalyptique et cyber-punk du Neo-Tokyo d'AKIRA, la violence des tambours et les chants sectaires ne font que décrire une communauté humaine disparate et en quète d'un leader spirituel. Une musique électro-expérimentale aurait peut être permis une approche plus "directe" de l'oeuvre de Katsuhiro Otomo, mais le réalisateur s'est plutôt tourné vers un groupe très particulier emmené par le compositeur Shoji Yamashiro : le Geinoh Yamashirogumi. Ce collectif comprenant des centaines de membres (des salarymen, des banquiers, des coiffeurs, bref des gens du peuple), était déjà actif depuis 1974 (14 ans avant la sortie d'AKIRA) et s'illustrait dans des styles assez variés comme la musique du monde, ou l'expérimental, avec un côté jusque-boutiste qui pouvait parfois destabiliser (du genre commencer un album avec un cri de femme à déchirer le ciel). Pour AKIRA, le collectif s'est très largement inspiré de son propre travail sur l'album "Ecophony Rinne", plus éthéré et facile d'accès, qui avait tapé dans l'oeil (et l'oreille) de Katsuhiro Otomo.

 

De la bestialité au divin


Absolument unique et atypique, le style mêle un son tribal ("Kaneda", "Exodus from the Underground Fortress") à de la musique traditionnelle japonaise, du Nô ("Battle Against Crown", "Shohmyoh"), en passant par du New Age contemplatif (le superbe "Winds of Neo-Tokyo"). Dans sa construction, la partition suit de très près l'évolution du film et de ses thèmes. Si les premières scènes mettent en valeur les rivalités entre gangs de rues et guerres de testostérone, l'intrigue bascule lentement mais sûrement vers des sujets plus sérieux, comme la folie de l'homme pour le pouvoir, le fanatisme, l'Apocalypse. Cette évolution, on la ressent également dans la musique : les rythmes tribaux qui introduisent l'album  finissent pas laisser place à des chants de plus en plus clairs, lumineux, jusqu'au vertigineux "Requiem" qui semble venir directement des cieux. A l'instar de l'œuvre en elle-même, la bande originale d'AKIRA relève de l'expérience pure et simple. Un voyage fascinant dans les bas instincts de l'Homme, son aspiration pour le divin, et la noirceur de son oeuvre.  Indispensable.

Rémi "Laharl" Lopez








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 1.  Kaneda (03:10)
 2.  Battle Against Clown (03:38)
 3.  Wings Over Neo-Tokyo (02:48)
 4.  Tetsuo (10:18)
 5.  Dolls' Polyphony (02:55)

 6.  Shohmyoh (10:11)
 7.  Mutation (04:49)
 8.  Exodus From The Underground Fortress (03:18)
 9.  Illusion (13:56)
 10.  Requiem (14:26) 

 
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