GHOST IN THE SHELL INNOCENCE
Japon - 2004
Image de « Ghost in the Shell Innocence »
Musique : Kenji Kawai
Durée : 46 minutes
Nombre de pistes : 12
Distributeur : Beez
Bande originale : note
Jaquette de « Ghost in the Shell Innocence »
portoflio
LE PITCH
Batou est un cyborg vivant. Son corps entier a été fabriqué par l'homme. Seules lui restent des bribes de son cerveau et le souvenir d'une femme. Dans un monde où la frontière entre humains et machines est devenue infiniment vague, les Humains ont oublié qu'ils sont humains. Voici la débauche du "fantôme" d'un homme solitaire qui néanmoins cherche à conserver son humanité.
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En plein choeur

Seven Swords de Tsui Hark l'a prouvé une fois de plus : Kenji Kawai n'est jamais aussi bon que lorsqu'il travaille avec Mamoru Oshii. La preuve par A plus B avec Ghost in the Shell Innocence, sans doute l'un des plus beaux ouvrages du compositeur nippon.

 

Suite directe de son chef-d'œuvre Ghost in the Shell, dont les textures fantomatiques et les mélodies obsédantes hantent encore les enceintes de nombreux amateurs de musique de film, le dernier disque édité par Beez offre aux fans du compositeur de se remettre de la semi-déception de la fresque de Hark. Un an après sa sortie dans les bacs nippons, l'évidence reste indéniable : Innocence renoue avec la période la plus inspirée de la carrière de Kawai et, mieux, se permet d'en élever la barre de quelques échelons supplémentaires, fonçant tête baissée dans un terrain d'expérimentation de plus en plus proche de la musique concrète.

 

Fuite du réel et du temps

 

Plus risqué et abstrait d'un point de vue mélodique donc (le fameux choeur repris du premier opus multiplie les points d'orgues et autres notes tenues, soulignant le masque faussement impassible de Batou), en adéquation avec les concepts les plus fous de Oshii (l'idée de la boîte à musique entêtante et de plus en plus oppressante, apposée au sein du métrage à une incroyable séquence de distortion temporelle), le score s'avère aussi et surtout plus imposant que son aîné, et culmine en de subites explosions percussives. Fin limier, Kawai dose enfin au millimètre ses rares mais non moins remarquables emprunts au premier opus, remplace à l'occasion les cordes originelles par des voix, et décuple systématiquement leur portée émotionnelle, de même que leur valeur narrative. Le grand final, suite chorale ininterrompue de près de dix minutes, peut ainsi d'ores et déjà entrer dans la légende de la musique de film, la symphonie gagnant en chaleur et en émotion dès l'entrée en scène du Major Kusanagi.

 

Pari insensé (reprendre une partition culte où nous l'avions laissée, la décrypter et en tirer un objet foncièrement novateur) mais réussi haut la main par un Kenji Kawai au sommet de son art, Ghost in the Shell Innocence s'achève sur un slow jazzy mélancolique, contine enivrante pleine de douceur et de douleur à la fois. Une chanson à l'image de l'oeuvre dans son ensemble.

Alexandre Poncet



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01 - Dungeon
02 - The Ballad of Puppets - Flowers Grieve
03 - Type 2052 Hadaly
04 - River of Crystal
05 - Attack of the Wakabayashi
06 - Etorofu

07 - The Ballad of Puppets : In a New World
08 - Doll House I
09 - Doll House II
10 - The Ghost A
11 - Toh Kami Emi Tame
12 - Follow Me

 
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