X-MEN ORIGINS WOLVERINE
Etats-Unis - 2009
Image de « X-Men Origins Wolverine »
Réalisateur : Gavin Hood
Durée : 105 minutes
Distributeur : 20th Century Fox
Date de sortie : 29 avril 2009
Film : note
Jaquette de « X-Men Origins Wolverine »
portoflio
site officiel
LE PITCH
Après avoir intégré le programme militaire " Weapon X " qui transforme les mutants en armes vivantes, Wolverine n'a de cesse de retrouver ceux qui ont tué son père et la femme qu'il a aimée.
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X-Men Apocalypse

Après le désastre artistique de X-Men 3, fomenté par un Brett Ratner décidément nuisible au cinéma populaire, la Fox avait l'occasion de se racheter auprès des fans en développant, via ce Wolverine, l'une des intrigues les plus passionnantes des deux volets de Bryan Singer. Hélas, le résultat flirterait plutôt avec les zèderies d'un Resident Evil Apocalypse...

 

Si l'évocation du second volet ultra bis de la série produite par Paul W.S. Anderson risque de glacer les sangs des connaisseurs, difficile de ne pas voir en X-Men Origins Wolverine une excroissance de ce spectacle décérébré et poseur. Les super-héros de la Marvel sont ici traités avec la même vulgarité que cette bonne vieille Milla Jovovitch, décanilleuse de zombies pourvue de talents d'acrobates, et d'une réactivité hors du commun. L'approche scénique de Gavin Hood, pourtant embauché par Hugh Jackman pour son savoir-faire dramatique (cf son film sud-africain Mon nom est Tsotsi), pioche elle-même dans l'arsenal d'effets d'Alexander Witt : bande son hard rock, caméra agitée, obturateur salement ouvert, gros plans à tous les étages, surtout lors des combats au corps-à-corps... Le rapprochement est embarrassant, jusqu'à un affrontement final entre notre héros et une version terriblement peu cinégénique de Deadpool (les fans vont hurler), faisant écho à la baston illisible entre Alice et le Némésis. Le plus gênant ? Resident Evil Apocalypse avait coûté 30 millions de dollars. Malgré un spectacle comparable dans son nivellement par le bas, Wolverine en a brûlé quant à lui plus de 100 millions.

Sortez les griffes

Qui invectiver dans cette affaire ? Qui Diable, au sein d'une équipe comptant une armada de producteurs (dont la star Hugh Jackman) tenir pour responsable de ce saccage ? Sans doute pas Gavin Hood, cavalier anonyme sur un échiquier qui le dépasse à tous les niveaux. Relégués à la seconde équipe (et ça se voit), souffrant des remontages successifs et handicapés par des effets visuels inachevés (les images de synthèse, notamment les griffes du héros, sont d'un autre âge), les morceaux de bravoure sentent le DTV à plein nez, jusqu'à un générique accumulant les plans figés à la manière d'une ouverture de série télé. Cantonné aux ressorts dramatiques d'une intrigue réécrite, à son insu, au fur et à mesure de la production (la cohérence avec les opus de Bryan Singer s'envole d'ailleurs au fil de la projection), Hood est littéralement contraint de prendre le mythe à revers. Au flashback tétanisant de X-Men 2, voyant un Logan déambuler nu en hurlant, toutes griffes dehors et du sang perlant sur ses muscles, Wolverine substitue une succession de séquences-gags, dont une course à pied tout droit sortie de Benny Hill et un défonçage de salle de bain digne de Blake Edwards. Incapable de trouver le ton juste, Wolverine aggrave son cas en se moquant ouvertement de son plus petit second rôle (pauvres Blob et Gambit !). Un parti-pris quasiment ordurier vis-à-vis du matériau d'origine, qui achèvera de reléguer cet X-Men Origins aux oubliettes dans lesquelles X-Men 3 a déjà sombré. Il y a fort à parier que le prochain opus annoncé par le studio, un Young X-Men annoncé avec une maladresse inouïe dans l'épilogue de ce Wolverine, peine à relever le niveau...

Alexandre Poncet




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