PIRATES DES CARAïBES - LA FONTAINE DE JOUVANCE
Pirates of the Caribbean - On Stranger Tides - Etats-Unis - 2011
Image de « Pirates des Caraïbes - La Fontaine de Jouvance »
Genre : Aventure
Réalisateur : Rob Marshall
Musique : Hans Zimmer
Durée : 140 minutes
Distributeur : Walt Disney Pictures
Date de sortie : 18 mai 2011
Film : note
Jaquette de « Pirates des Caraïbes - La Fontaine de Jouvance »
portoflio
LE PITCH
Jack Sparrow est embarqué malgré lui sur le navire du terrible pirate Barbe-Noire, père de l'une de ses anciennes conquêtes. Ensemble, ils vont devoir retrouver la Fontaine de Jouvance avant deux autres équipages, l'un espagnol, l'autre mené par ce bon vieux capitaine Barbossa...
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Cure de jouvence

Le concept de base de la trilogie Pirates des Caraïbes, pour le moins improbable (il s'agissait tout de même de porter à l'écran une... attraction de foire), n'avait pas empêché Gore Verbinski et Jerry Bruckheimer de viser haut, le duo ne cachant pas son ambition de repousser les limites du film de pirates (genre cinématographique à part entière), au risque de complexifier des enjeux dramatiques qui auraient gagné à rester directs.

 

Passé un second opus très prometteur (le climax d'une demi-heure reste une date), le chapitre final tirait tous azimuts, perdant de vue les motivations de ses personnages (c'était qui les gentils, déjà ?) pour mieux s'engouffrer dans les gimmicks commerciaux faciles (les caméos lamentables de Chow Yun-Fat et Keith Richards, les gaffes d'un Jack Sparrow cabotinant jusqu'à l'écoeurement, etc.). Conclue par une belle arnaque (200 bateaux se font face ? N'envoyons que deux dans l'œil du cyclone...), ce premier cycle Pirates des Caraïbes ne laissait guère d'espoir vis-à-vis d'une suite, condamnée nécessairement à la surenchère (dans les retournements de veste et de situations, dans la sophistication des effets visuels, etc.). La Fontaine de Jouvence, surprise, ne se risque jamais à concurrencer ses prédécesseurs sur un même terrain. L'avalanche de cascades à l'ancienne (avec, au passage, une pléthore de doublures identifiables ; voilà ce qui arrive quand on laisse les rennes de l'action à la seconde équipe) contraste déjà avec le fourmillement numérique des épisodes 2 et 3 : pas de Davy Jones ici, ni de tempête de crabes, et encore moins de Kraken. Seuls éléments fantastiques mis en avant, outre les zombies à la solde de Barbe-Noire (un élément très Monkey Island !), les sirènes ne se paient qu'une part congrue du gâteau. Leur scène d'attaque n'en reste pas moins mémorable, renvoyant stylistiquement à tout un pan du cinéma de Steven Spielberg.

 

Le retour de la grande aventure ?

 

Le réalisateur des Dents de la mer semble justement en ligne de mire de Jerry Bruckheimer et Rob Marshall, le script commandé à Terry Rossio et Ted Elliott, retouché par Stuart Beattie (Collatéral), s'articulant autour de codes fondateurs de la saga Indiana Jones. Pré-générique concluant une intrigue laissée hors-champ, personnage féminin fort (Penelope Cruz campe un mélange de Marion Ravenwood et Elsa Schneider), sidekick empruntant à Sallah et Marcus Brody, course contre la montre (les espagnols remplacent les nazis ; sympa pour eux !), McGuffin évocateur (la fontaine éponyme s'adjoint des calices assez familiers), énigmes mortelles, grande scène d'action centrale, climax coupé du monde extérieur, méchant périssant par ce qu'il convoitait le plus (c'était donc ça : La Dernière Croisade !)... Tout concorde, excepté peut-être une mise en image incapable de soutenir les superbes ambitions du projet. Auteur des fadasses Chicago et Mémoires d'une Geisha (une production Spielberg, tiens !), Marshall se laisse porter par le montage très efficace de David Brenner et Michael Kahn (collaborateur fidèle de... bon, faut-il encore le préciser ?), sans jamais s'investir de quelque manière que ce soit dans l'action. En résulte un produit hybride, excitant de par son concept sérialesque et sa narration rectiligne, mais gardé au sol par un système de micro-gestion totalement inadéquat (les séquences semblent avoir été abordées séparément les unes des autres, sans vision globale du projet - d'où une bonne demi-heure de gras). Bien meilleur que Jusqu'au bout du monde, La Fontaine de Jouvence aurait nécessité un vrai regard de cinéaste pour pleinement s'accomplir. Tout n'est pas perdu car à l'instar d'Indiana Jones, Jack Sparrow will be back !

Alexandre Poncet

 

 

 

 

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